Review

Label : Tru Thoughts

Si l’américaine Spanky Wilson ne vous dit rien, sa voix ne vous est peut-être pas inconnue. En effet depuis la fin des 60’s, celle-ci a travaillé avec les plus grands de la soul et du jazz :  Marvin Gaye, Lalo Schifrin, Jimmy Smith, Larry Young, Willie Bobo, Idris Muhammad, Jack Mc Duff, Sammy Davis Jr…Elle a également sorti quelques albums à la fin des années 60 , ainsi que l’opus « de 1975 sur le célèbre label Westbound sous le nom de « Speciality of the house ». Installée à Paris depuis 1985 elle fut accueilli chaleureusement et participa jusqu’à aujourd ‘hui à de nombreux festivals en France (Jazz à Vienne, Jazz à Marciac, Jazz à Montauban…) mais aussi à l‘étranger. Mais c’est réellement Will Holland qui la remet au goût du jour sur un support discographique grâce à sa présence sur deux titres (« Don’t Joke With A Hungry Man » et  « When you’re through ») du troisième album de Quantic « Mishaps Happening » sorti en 2004. Enchantés par cette expérience les deux protagonistes décidèrent de réunir les talents des deux côtés de l’Atlantique et de proposer donc cet album « I’m thankful » en compagnie du Quantic Soul Orchestra.

En dix titres essentiels vous retrouvez un condensé réussi de soul/funk/jazz, avec la voix haut perché presque nasillarde de Spanky Wilson, qui donne une touche si particulière à l’ensemble. Ici pas de fioritures on va droit au but, et c’est ce qui nous plait ! Deux morceaux se dégage spontanément de l’ensemble : « Message to tomorrow », et son breakbeat tonitruant qui n’est pas sans rappeler une certaine Sharon Jones, et « Waiting for your touch » beaucoup plus dans la retenue mais avec une mélodie et un jeu de cuivre qui vous rentre automatiquement dans la tête ! On n’est pas dépaysé non plus avec « Don’t joke a hungry man «  (part. 2 et 3) et son jeu de batterie/ guitare hypnotisant, puisque la première partie était proposée sur l’album de Quantic « Mishaps Happening ». Quand au titre «  I’m thankful » (lui aussi proposé en deux parties dont la deuxième instrumentale) il était le premier single que le label avait sorti en 45t pour présenter cet album.

Dans des registres soul jazzy à l’ancienne « A woman like me » et ses violons réminiscents ou « Blood for a stone » font office d’amuse-gueules plus que sympathiques. Et le Quantic Soul Orchestra se transforme carrément en big band endiablé sur « You can’t judge a book by it’s cover », avec un embrun qui nous semble venir tout droit de la Nouvelle Orléans !

 Cet album qui tombe à pique fait déjà presque office de classique, tellement la critique a accueilli avec enthousiasme cette rencontre anglo-américaine ! Raison de plus pour en rajouter une couche ! Que vous soyez déjà un converti des sons de Will Holland et de son Quantic Soul Orchestra ou simplement un nostalgique des voix soul et des divas qui se donnent corps et âme, alors nulle doute que cet album est fait pour vous !

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).