Review

Label : Universal jazz

Nous avons eu tout l’été pour écouter ce bel objet, que dis-je missile envoyé par Universal Jazz ! Et il fallait bien deux mois pour digérer le haut contenu de cette affaire. Sly (de son vrai prénom Silvère), jeune mais déjà artiste expérimenté (Saïan Supa Crew, Eric Truffaz, Camille, Oxmo Puccino…) revient sur ses origines, sur sa date de naissance (année 1974, d’où le titre), sur sa vie. Cela promet donc de parler vrai et de parler d’humanisme. Sly n’est pas qu’un excellent beatboxer et MC rappeur, et on redécouvre aussi ici le fait qu’il sait royalement chanter, vivre sa soul, la faire vibrer et jouer avec les tonalités nombreuses de sa voix.

Il livre onze titres sublimés par les producteurs et arrangeurs : Jay Newland (Norah Jones, Ayo …) et Larry Gold (musicien et producteur légendaire de Philadelphie, membre des MSFB ayant travaillé dernièrement  avec Erykah Badu ou The Roots entre autre). Cet album est varié dans les sonorités et  a le merite de synthétiser la définition de la soul actuelle : une certaine modernité néo-soul à la D’Angelo, avec un esprit et un héritage assumée des ainées comme Otis Redding (d’ailleurs il reprend le fameux « Fa-Fa-Fa-Fa-Fa » d’Otis dans l’album). A cela vous ajoutez un peu de beatbox, de synthés, de bruitages vocaux, … pour un ensemble unique basé essentiellement sur les prouesses de sa voix. Quoi de mieux pour prouver au public l’étendue de son talent vocal.

Le premier titre est un duo avec Slum Village, pour un beat lourd et une ambiance R&B Nu-soul bien léchée. Le deuxième est le single en duo avec Ayo « I’m calling You », vraie perle soul bien arrangée, tranquille et sexy. « Hey Mama » est plus rock-funk et plus énergique, avec des guitares et cuivres mis en avant et des chœurs dignes de la grande époque de Tina Turner. La reprise d’Otis Redding , « Fa-Fa-Fa-Fa (Sad song) » est originale et démontre que le jeune Sly n’a rien a envier aux grands soulmen de l’époque. Capable de beaux vibratos, de nuances, de cris, de rage dans l’expression. Niveau Beat, c’est arrangé à la The Roots, épuré sec et efficace.

« Goodbye Tomorrow » est une ballade aux accents jazz-vocal, qui rappelle Al Green ou Mavis Stapples, sans fioritures instrumentales. Vraie virgule pour la deuxième partie de l’album. Vient ensuite une autre reprise celle des Korgis « Everybody’s Got to learn Sometimes » effectuée plus lentement que l’original. « Don’t justify Yourself » est funky et vibrant (tout comme le titre « Sexy »). Titre cuivré et dansant, on aime être surpris aussi par son côté Omar ou TTDA. Le dernier titre est un slam, retraçant sa vie, ses amours, ses doutes pourtant comme titre sa date de naissance (26.06.1974). Belle conclusion a un album riche et abouti … qui rejette au loin son image de rappeur et lui ouvre les courants musicaux de son choix nous promettant d’autres projets à venir surement excitants.

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Mpls
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