Review

Label : Vampisoul

Q

uand on parle de Dennis Coffey, on pense tout de suite à son énorme tube “Scorpio », morceau encensé par les Dj’s dans les 70’s, à l’époque des Block Parties et par les B-Boys de tous poils. Mais loin de n’être qu’un « one hit wonder », on oublie souvent la carrière de ce guitariste de talent qui a pourtant apporté son lot de fantaisie et d’innovation dans l’histoire de la musique afro-américaine.

Originaire de Détroit, celui-ci devient un guitariste confirmé alors qu’il est encore adolescent. Dans la première partie des années 60 alors qu’il a développé une excellente réputation de guitariste et d’arrangeur, il travaille pour des labels indépendants comme Ed Wingate’s Golden World Studios et Ric-Tic Records. Il enregistrera d’ailleurs à cette époque des sessions pour des artistes comme Edwin Starr et JJ Barnes. Il pourra enregistré son premier album sur le label Maverick en 1969 « Hair & Thangs ». Mais entre temps il a intégré la maison Motown (par l’intémédiaire de Berry Grody qu’il a rencontré plusieurs années auparavant) dès 1968 et fait désormais partie intégrante de l’orchestre maison : The Funk Brothers. Il enregistre alors sur un nombre incalculable de sessions et d’artistes qui vont de Marvin Gaye aux Jacksons 5 en passant bien sur par les Temptations. C’est d’ailleurs avec ces derniers, en compagnie de leur producteur Norman Whitfield, qu’il intégre un jeu particulier de guitare dans les compositions par l’intermédiaire de sa Gibson Firebird et de l’utilisation de la pédale wah wah et ce dès 1969 et l’album « Cloud Nine ».

Mais cela ne suffit pas à Dennis, qui veut aussi sortir ses propres compositions. Il rêve entre autre de composer des bandes originales de films, mais n’a malheureusement aucun contrat avec les studios hollywoodiens. Que cela ne tienne, Clarence Avant le boss de l’ancien label Maverick, devenu entre temps Sussex lui propose de sortir ses oeuvres. Ce qu’il fera de 1971 à 1974, avec donc les quatre albums que l’on retrouve compilés aujourd’hui : « Evolution » (1971), « Goin’ for myself » (1972), « Electric Coffey » (1973) et « Instant Coffey » (1974).

Le génie de Dennis finalement c’est de rendre le jeu rythmique de la guitare indispensable dans ses compositions sans en faire un instrument de démonstration ou de guitare héro en mal de reconnaissance. Bien sur les morceaux « Guitar big band », « Impressions of », « Gettin it on » ou la reprise de Led Zeppelin font la part belle à la six cordes. Mais ce sont surtout les thèmes où les éléments et les breakbeats percussifs étaient mis en avant qui ont fait la réputation du monsieur : « Scorpio » bien sur mais aussi « Ride Sally ride », « Taurus », ou « Son of scorpio ». Les breakdancers ne s’y sont pas trompés ! Dennis Coffey tentera même des incursions jazz rock psychédéliques comme avec ce « Outrageous » sorti à l’origine sur « Instant Coffey » en 1974 et qui démontre bien tout le talent créatif du guitariste.

Si la discographie de Dennis Coffey ne s’arrête pas à cette période et que ce n’est pas ici une anthologie, vous avez quand même entre les mains avec cette compilation la période faste du roi Coffey au niveau solo. (même si les albums sortis chez Westbound sont aussi de grande qualité). Aujourd’hui le bonhomme est devenu une légende et continue d’ailleurs de tourner. Un personnage inépuisable !

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).