FONKADELICA
Webzine Funk Soul & Groovy


Interviews

18 février 2015

SONNY KNIGHT Interview ! « I’m Still here ! »

Comme pour le bluesman Sonny Boy Williamson il y en a deux ! Sonny Knight chanteur de Rnb californien décédé en 1998 et… Sonny Knight, celui qui nous occupe ! Sonny Knight de « Sonny Knight and the Lakers »  est un jeune homme de soixante-sept ans, originaire de Saint-Paul, dans le Minnesota, qui a pulsé le New Morning il y a quelques mois avec son soulful album  « I’m still here » chez  Secret stash records. Rencontre !

 

Calvin « Sonny » Knight vous avez commencé la musique tôt ?

J’ai commencé à chanter vers quinze ans. J’ai sorti mon premier quarante-cinq tours à dix-sept, en 1965, sous le nom de « Little Sonny Knight and the Cymbols » pour « New teenage records ». ça s’appelait « Tears on my pillow ».

Parlez-nous de ce label « New teenage records »  

Je ne connais pas grand chose sur le label parce que j’étais jeune. C’était un label basé à Minneapolis. J’habitais à Saint-Paul. On est venus enregistrer et jouer dans les villes environnantes. Je ne prenais pas ça trop au sérieux. Je ne pensais pas que ça me mènerait quelque part.

 Vous êtes originaire de Jackson, Mississippi ?

J’étais un petit garçon quand je suis parti de Jackson dans le Mississippi pour le Minnesota, avec ma grand-mère. C’est pendant mon adolescence dans le Minnesota que j’ai débuté la musique. Mais avant ça j’écoutais un tas de disques sur le phonographe de la maison familiale. J’ai commencé à développer mon oreille musicale et à chanter en même temps que la musique. J’étais loin du sud des États-Unis mais ça ne m’a pas empêché de m’initier au Gospel, d’en chanter et, à partir de là, de passer au Rhythm N Blues.

 Qu’est-ce qui vous a fait chanter ?

Je ne sais pas. C’est quelque chose que j’ai toujours fait. Quand tu es sur scène tu exprimes tes sentiments. J’essaie d’exprimer ce que je ressens et comment la chanson me fait me sentir. Parfois les larmes me viennent aux yeux. C’est bien d’être capable d’exprimer une telle émotion.

 Quel genre de musique aviez-vous dans les oreilles ? 

J’écoutais beaucoup de quatuors comme « The Mighty clouds of joy», « The Five blind boys of Alabama », ce genre de groupes. C’étaient mes préférés parce qu’ils avaient un groove très RnB dans leur Gospel. Ils faisaient danser, bouger. Ensuite il y avait Mahalia Jackson mais c’était un registre plus classique, solennel, celui du choeur. A l’époque j’adorais aussi Sam Cooke, Brook Benton, Albert King, BB King…

 Vous étiez « Little Sonny Knight and the Cymbols » comme il y avait Little Stevie Wonder !

 J’ai d’abord rejoint un groupe qui s’appelait les « Blue Jays ». Les « Cymbols » c’étaient trois gars qui faisaient les choeurs derrière moi et qu’on entend sur ce fameux 45 tours. On a beaucoup travaillé. On s’est aussi beaucoup amusés. On était des gamins et on se marrait !

Saviez-vous que vous aviez un homonyme qui chantait aussi du Rnb ?

Je n’étais pas au courant de cet autre Sonny Knight avant de monter le projet avec les « Lakers ». J’ai découvert son existence sur Internet.

Vous qui êtes né dans le Mississippi avez-vous ressenti la ségrégation raciale dans ces années 60 ? 

J’étais petit. Je ne savais pas grand chose. Je n’étais sur terre que depuis huit ans! Je savais juste où étais ma place. Si j’avais voulu dépasser ces barrières raciales j’aurais pu avoir des ennuis. Joséphine Baker a quitté les États-Unis pour s’installer à Paris parce qu’ici on l’a traitait davantage comme un être humain.  Dans le sud des USA c’était différent. Les gens obéissaient à un certains nombre de règles pour survivre. Aller dans le Minnesota c’était une ouverture par rapport au sud. Il y avait plus de gens qui vivaient et faisaient des choses ensemble au lieu d’être discriminés. Je suis allé à l’école avec des enfants qui me ressemblaient en apprenant sur la culture des autres. J’ai appris beaucoup de choses sur le Rock N Roll, la Country and Western, la musique classique… 

Comment était le groupe « Haze » avec lequel vous vous êtes produit dans les années 70 ?

 C’était un orchestre du Minnesota avec neuf musiciens. J’ai d’abord fait l’armée de dix-huit à vingt-et un ans. Ensuite je les ai rejoints. On jouait des standards de « Earth Wind and Fire », « The Ohio Players » Ce qui se jouait pendant la période Disco. On jouait ce qui était populaire dans les années 70. On a fait deux albums. On a fait une tournée sur la côte Est, jusqu’à Philadelphie. On a aussi joué à Los Angeles et dans le Nevada, sur le Lac Tahoe.

sonny knight 2

Pourquoi avoir fait un break musical dans les années 80 ? 

Parce que je me sentais frustré. On jouait quotidiennement.  Avec un grand groupe comme ça c’était difficile de se faire beaucoup d’argent. Parfois on remplissait la gamelle et parfois c’était tendu. Au bout d’un moment je me suis senti fatiigué. Il y a des membres d’un groupe qui voulaient prendre une direction. D’autres une autre. Il y a eu des divergences. Ça ne marchait plus comme avant. Alors je suis devenu chauffeur routier. C’était ma façon de respirer. J’ai voyagé et j’ai découvert mon pays.

Comment avez-vous renoué avec la musique dans les années 90 ? 

J’ai recommencé à jouer avec des anciens du groupe « The Valdons»:  Monroe Wright et Maurice Young. Notre groupe s’appelait « The Bachelors ». On reprenait des vieux tubes des années 40 -50 des « Mills Brothers », des « Ink Spots »… On a beaucoup joué en Floride. Eric Foss, l’actuel batteur des « Lakers » a fait une compilation: «Twin cities Funk and Soul » qui reprenait notamment The « Valdons ». J’ai rencontré Eric et c’est comme ça qu’on a monté « Sonny Knight and the Lakers »

Pourquoi les « Lakers » ? 

Le Minnesota c’est le pays des lacs. Il y en a tellement. Ceux qui comme nous vivent dans cette zone avec des lacs gris on les appelle les « Lakers. Ceux qui habitent avec une façade océanique on les appelle les « Salties ».  « Lakers » et « Salties » !

Y a t-il une couleur particulière à la musique de Minnesota, comme il y en a une pour Philadelphie, New York ou Detroit ? 

Prince est celui qui a fait qu’on peut mettre le Minnesota sur la carte de la musique. Avec « Haze » on faisait de la musique en même temps que lui. Il y a un certain son qui émane de là-bas. Ça vient peut-être du lieu et de ce qu’on fait dans cette région. C’est différent de Detroit avec la Motown ou Los Angeles. La Nouvelle-Orléans c’est le Jazz avec les fanfares pendant les marches funèbres depuis des années. Le Minnesota c’est encore autre chose.

Comment est cette nouvelle expérience qui a démarré il y a seulement trois ans ? 

C’est complètement nouveau pour moi. C’est la première fois que je suis sur le devant de la scène, que je suis le seul chanteur a faire le show. Eric a rassemblé les musiciens. On a travaillé. Et c’est parti !

 Comment s’est fait le choix des morceaux ?

Eric Foss a sélectionné pas mal des titres. On a choisi « Day tripper » parce qu’on a participé à un concert d’hommage aux Beatles dans le Minnesota. On a joué « Day tripper » et intégré ça à notre répertoire. Eric a eu l’occasion de discuter avec Sixto Rodriguez. Il aimait la chanson « Sugarman » qu’on a aussi enregistré. On a écrit le reste de l’album en apportant nos idées. Par exemple « Juicy Lucy » c’est une sorte de burger avec du fromage dans la viande. Dans les paroles j’adapte le « Juicy Lucy » à une femme. « Get up and dance » c’est simple! On sort. On fait la fête. Tu viens? Let’s dance!; « Hey girl » c’est quelque chose que j’ai écrit en pensant à l’époque du Disco. Un gars qui flashe sur la façon dont une fille danse. On s’est retrouvés en studio avec Eric et l’orchestre et ça a donné cette chanson. « I’m still here » qui donne son titre à l’album revient sur ma vie: le sens de ma vie. Mon séjour à l’armée. La manière dont les gens changent quand on grandit. Le fait que je sois toujours là à soixante-sept ans. Je suis toujours là à chanter et à faire ce que je sais faire le mieux. 

Quels sont vos projets ? 

On essaie de profiter au maximum de ce qu’on fait. On a envie de retourner en studio et de produire  de nouvelles chansons pour un nouvel album. Ça prendra un petit moment. J’ai envie d’écrire sur ce qu’on a vécu en Europe et sur d’autres choses qui feront de cet album une aventure différente du précédent.

 >> Site officiel

>> Notre News sur l’album

 



About the Author

Julien Le Gros
Je suis journaliste indépendant spécialisé dans les musiques noires, de l'Afrique en passant par les diasporas. Pigiste entre autres pour Afriscope Africultures Jazz Magazine Mondomix, j'ai pu interviewer de nombreux artistes internationaux comme Leon Ware, Patrice Rushen, Mulatu Astatké, Alpha Blondy, Malavoi, Femi Kuti, Jon Hendricks ou encore Hugh Masekela.




 
Derniers articles
 

 

FONKADELICA webzine : c’est fini !

Voilà c’est fini ! Après bientôt 18 ans de bons et loyaux services dans le cadre de la promotion de la soul, du funk et de tous leurs dérivés, c’est avec regret, mais aussi beaucoup de bons souvenirs que l’...
by Fonkadelica
3

 
 

Fonkadelica Radio Show – spécial Northern Soul

01. Martha And The Vandellas – Dancing In The Street (Gordy / Motown, 1964) 02. The Isley Brothers – This Old Heart Of Mine (Motown, 1966) 03. The Velvet Satins – Nothing Can Compare To You (General American, ...
by Fonkadelica
0

 
 

[Compilation] AFRICAN SCREAM CONTEST 2 : la suite tant attendue !

Une décennie après la sortie du premier volume, African Scream Contest, le label Allemand, Analog Africa, fait paraitre la suite de cette compilation sous le nom d’African Scream Contest 2. Quatorze titres composent ce ...
by Fonkadelica
0

 




8 Comments


  1. SONNY KNIGHT Interview ! « I’m Still here ! » – FONKADELICA (Funk Soul & Groovy) http://t.co/XNTzlrFTna



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *