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Interviews

30 novembre 2014

SHUGGIE OTIS / PRINCE : Faux jumeaux & guitar heroes !

Artistes surdoués, multi-instrumentistes précoces, faciès ressemblants, l’histoire ou la carrière de ces 2 Guitar hero (souvent injustement mésestimés, méconnus, par un certain ordre établi ou par le grand public) peut paraître autant symétrique, asymétrique que quasi-identique sur plusieurs aspects. Mais, les puristes se rejoignent bien sur un point : il y aura eu Eux et les Autres.

Lorsque l’on jalonne leurs parcours, force est de constater que leurs destins étaient déjà même liés avant leurs naissances respectives.  Tout commence par leurs géniteurs, leurs pères plus précisément.

Johnny Otis (12/1921-01/2012) était un immense artiste multi-casquettes (musicien, chanteur, producteur, auteur, DJ, animateur TV, journaliste…) mais il s’est surtout distingué dans la musique, dès les années 40 autour de son groupe « The Johnny Otis Orchestra » (plus tard « The Johnny Otis Show »).

C’est donc en 1953 , sous le soleil californien de Los Angeles, que vient au monde son fils Johnny Alexander Veliotes, dit Shuggie (surnom datant de son enfance). Pour des raisons d’état civil liées à une brève incursion de Johnny Senior dans le monde de la politique, le petit Johnny Veliotes ne va pas tarder à être rebaptisé Otis,  pour alors désormais porter le même patronyme que lui.

A quelques centaines de kilomètres de là, sous la grisaille et le froid polaire du Minnesota, se trouve un de leur homonyme, un dénommé John Lewis Nelson (06/1916 – 08/2001) pianiste de Jazz d’une renommée et d’une classe sociale sensiblement inférieures, mais déjà père d’une ribambelle de 4 enfants hors mariage. Mais pas peu fier, dans les modestes cabarets qu’il écume, on le connaît sous le nom de scène « Prince Rogers », et son groupe « The Prince Rogers Trio » c’est alors que 5 ans plus tard, en  Juin 1958, naît d’une seconde relation conclue en noces, son 5e enfant (non bâtard pour le coup) Prince Rogers Nelson. Donc un mix entre le pseudo et le nom de son père.

Tout comme leurs pères,  ces enfants, futurs prodiges, naissent donc avec  5 ans d’écart (1953/1958). Aujourd’hui plus de 55 années sont passées, nos 2 ex bambins sont devenus des artistes de légende, les papas auront heureusement eu le temps de voir évoluer, et de partager leur passion commune avec leurs génies de fils avant de quitter ce monde, et avec autant 5 ans de différence :  John (Lewis Nelson) à 85 ans en 2001, et Johnny (Otis) à 90 en 2012.

2-Johnny&JohnL

les mentors Johnny Otis, et John Lewis Nelson dans leurs jeunes années.

Mais retournons en arrière  dans ces années 50s ; John, féru de piano, en met un dans les bras de son petit Prince ;  à 7ans, il compose déjà sa première chanson, puis à 13 ans, il va se mettre à la guitare et en percer tous ses secrets, puis compléter en autodidacte sa palette avec une panoplie d’autres instruments (basses, claviers, batteries, percussions). Shuggie lui il a été initié « au berceau » à la batterie, mais comme son alter ego minneapolitain, il sera encore plus tôt fasciné par la guitare qu’il apprendra également en autodidacte, et  encore comme l’autre,  s’imprègnera de toutes les rouages des mêmes catégories restantes d’instruments. Si ils maîtrisent tous ces instruments, aucun des deux ne sait jouer d’un instrument à vent (la grande famille des cuivres,  harmonica, ni des « cordes »  harpe, violons…) Il aura fallu qu’ils se rejoignent sur ces points là, pourtant, ce sont les instruments les plus représentatifs des  grands orchestres.  Ils sont pourtant des chefs d’orchestre, mais  assurant  très souvent eux-mêmes la totalité de leurs compositions en studio, car toujours soucieux de tout contrôler, mais aussi surtout, capables de le faire.

Un si rare talent et précoce ne pouvait que parler pour eux mêmes, au-delà de leurs âges et apparences. Ainsi, à 13 -14 ans à peine, Shuggie Otis va souvent se grimer en arborant de fausses moustaches afin de rejoindre son père et son groupe, se produisant dans des night club, à fortiori interdits aux plus jeunes.

Si dans ses années teens Prince n’était pas imberbe, il était encore plus petit qu’aujourd’hui (158 cm), et adepte des parquets de basket dans son adolescence, ça ne devait non plus être simple au sein du 5 majeur de l’équipe du lycée. Toujours est-il que depuis l’époque, à la ville, Prince portait des talonnettes, et n’a jamais cessé de chausser des chaussures hautes (parfois très) et autres semelles  compensées.  Pour l’anecdote selon ses dires , ce n’est pas pour un complexe lié à sa petite  taille, mais « c’est parce que les femmes aiment ça » pas sûr qu’il aurait évoqué cette raison à l’époque. D’autant plus qu’en 1982, sur un ton pleurnichard , il chantait « This is why I wasn’t born like my brother Handsome and Tall » (Lady Cab driver/album 1999) pour sa part, Shuggie est depuis devenu et resté  très moustachu.

Après des débuts convaincants, et plus ou moins récurrents aux côtés du band « Johnny Otis Show » de son paternel ; en 1968 , on peut entendre Shuggie pour la première fois sur un disque officiel  du groupe, l’album « Colt Shot » ; puis En 1969 , Shuggie va essayer de voler de ses propres ailes en s’affranchissant non seulement de cette formation déjà acquise à sa cause , mais aussi de son patronyme  « Johnny Otis » (c’est l’homonyme de son père NDLR) , c’est ainsi que sur l’album très underground des Snatch & The Poontangs (1969) il jouera des instruments sous le pseudo PRINCE Wanneful (phonétiquement  « wonderful ») .

3-SHUGGIEjohnnyo-popup

 Johnny et Shuggie Otis

Vous avez dit Prince ? Oui, comme l’ex nom de scène de Prince Rogers (alias John L.Nelson) qui engendra Prince Rogers Nelson, Prince de son véritable prénom, pas comme ce pseudonyme « Prince » de Shuggie.

Vous avez dit phonétique ? oui , « Wanneful » un procédé que Shuggie réutilisera quelques années plus tard (1974) sur son titre mémorable « Aht Uh My Hed »  ‘ out of my head ‘ et dont le jeune Prince (vieux fan assumé de Shuggie) aura retenu la leçon dès son adolescence, au point d’en faire sa marque de fabrique :  « Eye No »  ‘ I know’  (1988) « ELIXER »  ‘he licks her ‘ (2009) et des demi douzaines d’autres avant, entre, et après les deux.

En 1970 , après cette furtive collaboration sous le pseudo « Prince Wanneful » c’est le grand envol Solo de Shuggie avec son premier disque  signé chez  EPIC (qui deviendra Sony Music) « Here comes Shuggie Otis »  dont tous les titres sont écrits ,et largement  joués par le jeune Shuggie, une liberté artistique certes pas totale, mais assez inédite  pour un si jeune artiste (17ans)  et à plus forte raison au sein d’une Major telle que Epic Records.

Prince lui il va se lancer en solo en 1978 (20ans) avec un autre poids lourd de l’industrie ( Warner records, grand concurrent EPIC) tout en bénéficiant d’encore  plus de liberté. Un Shuggie , et autre Stevie (Wonder) avaient déjà préparé le terrain .

Tout comme Shuggie qui était allé prêter main forte en 1969 à un autre groupe sous le pseudo « Prince wanneful », c’est en 1979 que Prince lui il ira donner de sa voix à un groupe local de sa région « The lewis connection » (rappelons qu’il n’avait commencé sa carrière qu’en  1978) pour le coup, lui il ne sera carrément pas crédité. Après tout, il faut bien que si un Shuggie devient un « Prince » Prince en question ne soit plus personne (rires).

Puis chacun de son côté (Shuggie début 70s//Prince fin 70s) enchainera album sur album avec  un contrôle total sur son œuvre. N’empêche que Johnny Otis épaulera quelques fois Shuggie sur ses productions, et John Lewis Nelson contribuera sur certains albums de Prince (voir Purple Rain ,Parade, Batman). Malgré des débuts prometteurs et une notoriété exponentielle, il n’en demeure pas moins que les succès de leurs premiers tubes restent modérés :  « Strawberry Letter 23 » (1971) de Shuggie Otis, tout comme « I Feel For You » (1979) de Prince. Il faudra attendre 5-6 ans pour que d’autres artistes redonnent leurs lettres de noblesse à ces morceaux n’ayant pas spécialement fait date à leurs époques. A noter aussi que ces deux titres sont chacun issus de leurs 2e albums.

Donc c’est qu’en 1977, que les Brothers Johnson (produits par Quincy Jones) feront de leur reprise de « Strawberry letter 23 » un Hit mondial, renvoyant du coup le grand public  à la version originale signée de la voix et des doigts de Shuggie Otis.  Même les plus jeunes devraient forcément reconnaître la reprise des Brothers Johnson, ne serait-ce que grâce aux bandes originales de 2 œuvres majeures signées Quentin Tarantino, soit Pulp Fiction (1994) et Jackie Brown (1997). Côté Prince, c’est Chaka Khan qui triomphera  en 1984 avec « I feel for you » de L’album éponyme Prince (1979).

« Quincy Jones » à l’origine et à la production de cette reprise du morceau « Strawberry letter  23» , voudra produire Shuggie Otis dès les lendemains de ses débuts ; ce dernier lui dira non (au grand dam de maman Otis) puisque souhaitant tout contrôler lui-même. Quelques temps après, Shuggie refusera aussi la possibilité de rejoindre les Rollingstones (l’un ,sinon le plus grand groupe Rock de l’époque)

Au milieu des années 80, Quincy Jones ira cette fois solliciter Prince pour effectuer un duo sur « Bad » le prochain disque de son protégé Michael Jackson (la plus grande star Pop du moment). Prince déclinera la proposition à son tour.

Si on revient au milieu des années 70, Shuggie Otis vient d’enchainer 3 albums  largement salués par la critique, mais demeurant des échecs commerciaux, donc en 1974 suite à « Inspiration Information » sa maison de disque EPIC le remercie, et les portes du business se referment progressivement pour lui, au point de l’enfermer hors-circuit pour une durée indéterminée dont il ne se doutait probablement pas (ça durera près de 40 ans)  Shuggie n’a que 21 ans à l’époque, et se retire déjà  pour une quasi-éternité ; Prince aura commencé à 20 ans et sera là pour toujours en répondant présent dans les bacs quasiment chaque année.

4-INSPIRATIONFORYOU

Inspiration information(1974) For you (1978) comme un négatif photo et son positif

Le dernier album de l’un et le premier de l’autre ; la relève est assurée !

Juste une décennie plus tard après « Inspiration information » C’est le grand bonheur et le parfait amour entre Prince & Warner, après que le kid de Minneapolis ait triomphé avec « Purple Rain » succès critique et commercial vertigineux. Puis depuis ce temps, malgré quelques fulgurances (critiques et ou commerciales)  la «  fête » arrivera à  terme une autre décade plus tard. En 1994, c’est donc le divorce officiel entre Prince et la Warner. Ca fait déjà 20 ans que Shuggie  « n’est plus ». Prince sort « Come » son 15e album, scellant la fin du contrat avec sa maison de disque, la pochette est frappée de l’épitaphe « Prince : 1958-1993 »

Les majors avaient fermé leurs portes à Shuggie, Prince lui il décide de fermer la porte aux majors, et s’en va faire monde à part sous son propre label NPG records ;  mais le souci c’est que contractuellement il perd le droit de réutiliser son nom « Prince » en tant qu’artiste (qui est aussi son prénom d’état civil pourtant). Souvenons nous, Shuggie lui il avait perdu son nom de naissance « Veliotes » au profit  de celui de son père « Otis » pour des tractations similaires (ce fut imposé au politicien qu’il était) mais même au-delà de ça, son surnom Shuggie lui a fait perdre son  prénom « Johnny » dans les esprits.

Nous sommes donc en 1994, si Prince et Shuggie ne sont plus (artistiquement) le papa de Shuggie l’est reconnu comme tel à titre suprême par le milieu : Il est intronisé au Rock & Roll Hall of Fame, Prince le sera une autre décennie plus tard en 2004. Décidément le chiffre 4 les rapproche autant que le 5 vu précédemment. Après tout, 4 et 5 sont aussi liés (rires)

Prince prend désormais l’appellation d’un symbole imprononçable, et est appelé communément THE ARTIST (comme l’artiste absolu) pendant ce temps, plus personne ne peut vous dire si Shuggie n’est encore qu’un simple artiste  depuis sa retraite  de 20ans.

Après avoir démultiplié et sorti des projets en quantité, THE ARTIST récupère légitimement son nom Prince en 2000, l’année d’après,  le « PRINCE » renaît donc de ses cendres et revient remettre la critique à genoux  avec un autre Chef d’œuvre digne de ses années fastes, j’ai nommé « The rainbow  children » malheureusement, mauvaise nouvelle pour lui, son père et mentor John Lewis Nelson décède quelques mois avant ce retour, Il avait 85 ans.

Johnny Otis décède quant à lui  à 90 ans en 2012, juste un an avant que Shuggie ne renaisse à son tour de ses cendres après sa retraite avoisinant les 40 ans. Et presque comme Prince, en  2001, c’est le spectre de Shuggie qui a ressurgi via la réédition de son classique « Inspiration Information », ce qui permettra à la nouvelle génération de le découvrir. On doit cette réédition à David Byrne (ex Talking Heads) et son label luaka bop .

Au cours des années 2000, Prince a enchainé des deals ponctuels avec des majors, et/ou a continué de sortir des projets en indépendant. Mais arrivé en 2010, il estime que sa musique (et même la musique en générale) ne se vend presque plus. Il continu d’aligner les tournées, mais arrête de sortir des albums (il en sortait en moyenne un sinon plusieurs albums par an depuis ses débuts) sa retraite met 4ans, et en 2014 il renoue avec Warner Bros, la major de ses débuts, on annonce la sortie  prochaine de plusieurs rééditions de son catalogue Warner, notamment « Purple Rain » son best seller qui fête ses 30 ans cette année, agrémenté de quelques morceaux  jamais publiés de cette période. On n’en sait pas plus sur ce projet, mais Prince a bel et bien renoué avec Warner et a publié son 1er disque en 4 ans « Art official Age » comprenant 13 nouveaux titres.

Shuggie est revenu en 2013, et a renoué avec la major de ses débuts près de 40ans après, Prince, ça aura été 20 ans après, au bout d’une pause discographique de 4 ans. Pour Shuggie, son retour sera marqué concrètement  par une nouvelle réédition (EPIC records) de son chef d’œuvre à lui de 1974 (Inspiration information) puis aussi d’un disque inédit regroupant ses trésors cachés, enregistrés depuis le temps (wings of love). Et  devinez quoi ? comme Prince, ce sera aussi 13 morceaux jamais connus du public.

Shuggie reprend la route avec 2 de ses 3 fils , l’un en 2nde guitare ,et l’autre à la batterie. Prince revient avec un groupe de 3 filles nommé « 3rdeyeGirl », des filles dont il aurait pu être le père (la plus âgée n’avait qu’un an lorsqu’il entamait sa carrière en 1978). Parmi les trois, 2 se retrouvent également à la batterie et en deuxième guitare. Si Prince n’est pas père, à noter qu’il a perdu 2 enfants. Un garçon peu de temps après sa naissance, des suites d’une maladie rare, et un autre enfant, suite à une fausse couche de  son épouse. Nul doute que si ces enfants avaient  survécu et vécu, Prince aurait pris du plaisir à jouer avec eux, comme son père avec lui, comme Johnny Otis sr avec Shuggie, tout comme Shuggie le fait aujourd’hui avec les siens.

Le 15 Juillet 2013, les 2 se trouvaient aux abords du lac Léman, Shuggie jouait pour la première fois au Montreux Jazz Festival. Prince, c’était la 3e année qu’il venait, et ce soir marquait son 3e et dernier concert de son rallye débuté l’avant veille. Les journalistes n’ont pas manqué de parler de l’un à l’autre…

Montreux Jazz Festival 2013, Shuggie Otis parle des Rollingstones, de Prince…

Shuggie Otis sort en 2014 son premier disque live officiel, plus de 40 ans après ses débuts. Prince c’était en 2002 après plus de 20 ans de carrière.

Tout les rapproche et les sépare à la fois, Shuggie c’est que 4 albums en 45 ans, prince c’est 45 albums sur 4 décennies

Mais pour conclure, on citera George Johnson (guitariste de la paire des Brothers Johnson) pour un portrait très concis de Shuggie Otis :

«Pour moi il était meilleur musicien que Jimi Hendrix car Il savait tout faire, c’était Prince avant Prince »

Shuggie a chanté « Purple » en 1971, puis Prince « Purple Rain » en 1984, aujourd’hui  on appelle le second le « Purple One » mais avant lui il y en avait définitivement un autre, ne serait-ce que par ces destins entrecroisés.

Article écrit par Billy Jack, Novembre 2014



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Billy Jack
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33 Comments


  1. A lire …tranquillement merci Billy jack 😉 En ce jour anniversaire de Shuggie !


  2. Bon et alors cette influence de Shuggie Otis sur Prince ? Vous en pensez quoi ? Certains disent qu’ils n’ont jamais entendu parler de ça, d’autres que l’influence est évidente (et sur ce portrait croisé c’est frappant !) . Vous en pensez quoi ???


  3. RT @Fonkadelica: SHUGGIE OTIS / PRINCE : Faux jumeaux – Guitar Heros: Shuggie & Prince, Ex futurs Guitar Hero
    Artist… http://t.co/SIqbyA…



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