Review

Label : Membran

Voici le retour de Zak Najor et de son projet Zbonics, qui fait suite à son premier album « More Beets » sorti en 2008, du moins pour sa diffusion publique. Car en effet artistiquement cet album a été créé dans sa grande majorité en 2001 et 2002 mais n’apparait dans les bacs qu’aujourd’hui pour une raison obscure !

Si l’ex batteur des Greyboy Allstars avait sorti « More Beets » avouons le en toute confidentialité,  celui-ci devrait connaitre un tout autre destin, notamment parce qu’il a associé sur « Time to do your thing » des tenors de la scène soul-jazz-funk américaine qui entre temps ont fait leur petit bout de chemin !  Tout d’abord il a fait appel au saxophoniste Karl Denson, son ex collègue et co-créateur des Greyboy, ayant travaillé également par le passé avec Lenny Kravitz (sur les albums « Let Love Rule » ou « Mama Said » notamment) mais aussi Blackalicious ou Stanton Moore. Ensuite il a invité Melvin Sparks, guitariste légendaire, ayant sorti plusieurs albums de référence dans les années 70, entre autre sur le label Prestige, et ayant travaillé avec des artistes comme Lou Donaldson, Brother Jack Mc Duff, ou encore Reuben Wilson. Il est décédé d’ailleurs en mars 2011. Adam Scone, l’organiste entre autre des Sugarman 3, l’un des groupes référence du label Daptone est également de la partie. And last but not least, la voix de Gregory Porter, devenue récemment en deux albums, une référence du jazz vocal teintée de soul, de la nouvelle génération, vient compléter le collectif . Et c’est sans compter les autres musiciens qui sont aussi de la partie et n’ont plus leurs preuves à faire (comme le percussioniste Steve Haney). Pas de doute, on a à faire ici à un casting plus que prestigieux, une sorte de supergroupe de la scène groove américaine !

Mais est-ce que le résultat est au rendez-vous ? Et bien la réponse est « oui » !
Tout d’abord parce qu’indéniablement le talent de chacun est mis au service de l’album et du projet dans son ensemble ! Mais surtout parce qu’il existe un équilibre certains entre les morceaux malgré les quatorze titres proposés. En effet le jazz-funk instrumental puissant présent dans « Soul good », « He Said », « Apache Indian Wardance » ou encore « Mystery » cotoit des titres soul-jazz façon 60’s ou les soli des musiciens font des merveilles : « Time to do your thing » la reprise de Eddie Harris, « Catchin’ Sparks« , « Wash Cloth » ou « Scone Break » en sont de belles illustrations.
Mais c’est également la voix de Gregory Porter qui donne du relief à ce disque, sur des hymnes soul comme « Nowhere to run », « Issues of life », ou « She’s gone ». Ces titres sonnent spontanément comme des classiques potentiels et prouvent une fois de plus qu’il fait partie des grandes voix contemporaines. Il se paye même le luxe d’un titre plus funky comme « She danced across the floor » qui lui va plutôt bien !

Dans cette belle réussite, on a finalement qu’un seul regret, que ce projet n’ait pas été produit par un label tel que Blue Note ou Verve qui aurait eu la force de frappe nécessaire, pour proposer un artwork beaucoup plus chiadé, digne de ce nom et diffuser massivement cet album y compris dans une version vinyl. Ceci dit ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain car l’essentiel de ce projet est déjà d’exister en soi. D’ailleurs l’album était déjà disponible en digital depuis le début de l’année mais méritait une sortie physique accessible à tous !

C’est chose faite, ne manquez donc pas ce qui se trouve être une des plus belles surprises du printemps 2013 composeé pourtant il y’a plus de 10 ans !



About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).