Review

Label : Follow Me

Ce volume 2 des aventures « Chicano Spirit » faite suite de façon logique au volume 1 intitulé « Revolucion » sorti l’année précédente et qui montrait au passage qu’il n n’avait pas que Santana qui savait faire du latin funk/latin rock ! Mais avant de vous parler de cette compilation faisons un petit rappel historique. Dans la deuxième moitié du 20ème siècle la vague constante d’immigrés mexicains, et d’Amérique Centrale (Porto Rico, Cuba…), amène à la création d’une importante communauté Chicanos. Une communauté qui amène avec elle sa culture et qui rapidement intègre les sonorités rock et funk dans sa musique. Ainsi au début dès 70’s le latin rock/funk connait un gros succès, grâce entre autre à la renommée de Santana. L’engouement traverse l’Atlantique et se propage également en Europe. C’est donc un peu un tour d’horizon de cette scène que l’on découvre ici.

En tous cas encore une fois la sélection a été soignée et travaillée avec pertinences. Tout commence avec l’énervé « Mambo Roc »’ de Seguida, groupe qui avait signé à l’époque sur le fameux label Fania Records. Puis on enchaine avec le très funky « Cumbia » de Columna de Fuego, groupe colombien établi à Madrid avec ici un titre extrait d’un 45t assez rare. Arrive alors le Harvey Averne Barrio Band (ouf !), groupe new-yorkais sachant servir le latin-funk à point avec « Cucaraca macara », suivi de près par Kalapana, curiosité hawaïenne latin-rock de 1977 (« Mana »). La première star fait son apparition, Jose « Chepito » Areas, spécialiste du genre et pou cause il est membre du groupe de Santana jusqu’en 1977. Le disciple dépasse donc aisément le maitre avec  le bien nommé « Funky Folsom ». Puis on calme un petit le jeu avec le groupe argentin Katunga et son titre « Bailando despacito », dans une ambiance et une rythmique plus tranquille (mais pas moins efficace) plus proche de l’esprit salsa. L’Europe quant à elle est représenté par le belge Nico Gomez avec « Baila Chiquiban », un artiste qui a beaucoup œuvré pour la musique latine de ce côté de l’Atlantique et qui était accompagné rappelons le par les célèbres Chakachas. Vient ensuite peut-être le meilleur morceau de l’album tout en subtilité, crée par un jeune artiste Benitez. « Hey girl » le titre en question commence par une partie rock tranquille coupée par une sorte de longue complainte psychédélique et qui se termine en beauté par une salsa endiablée. Jouissif et sacrément original !

Le titre des Messengers dans une ambiance funk latin tranquille (« Number one ») laisse ensuite la place à l’autre star de ce disque, Willie Bobo. Percussionniste de talent qui accompagna Tito Puente et Mongo Santamaria, il nous propose ici un titre (« A Koko ») que l’on peut trouver sur un45t inédit, introuvable sur album. Encore une rareté de plus. Puis on termine ce tour d’horizon par « Fuego » de Black Sugar et « Te amo mas » de Coke.

Au final on a donc encore une fois une sélection de qualité ou rien n’est à jeter et qui permet à ceux qui aiment le groove et les sons latins (dont je fais partie) de savourer ces chefs d’œuvres du passé. Comme d’habitude Follow Me a soigné le packaging avec les photos des pochettes originales à l’intérieur de l’album et un descriptif de chaque groupe ! Une initiative que l’on apprécie à chaque fois. C’est ça aussi le véritable « spirit » !



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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).