Review

Label : Bureau B

Si vous gardez un souvenir cauchemardesque de votre petite sœur devenue grande qui vous a bassiné les oreilles pendant des années avec Tokio Hotel ! Si votre père ne jure que par « 99 Luftballons » de Nena parce que « les années 80, c’était quand même quelque chose » ! Et bien vous allez pouvoir leurs en mettre plein la vue avec cette compilation de raretés provenant des années 60 et 70, proposée par le label Bureau B, « Achtung ! German Grooves » est une de ces compilations de rare groove qui vous permet de mettre au placard tous les préjugés que vous pouviez avoir sur la musique teutonne. Pour ceux qui gardent comme moi un mauvais souvenir scolaire de cette langue gutturale par forcément chantante, rassurez vous ici tout n’est qu’instrumental ! Et quand on voit la qualité on se dit que décidément la musique dépasse vraiment les frontières, et est universelle !

Mais trêve de philosophie, le pays de Goethe, donc avait de bons musiciens à l’époque et les vingt titres ici ne sont pas là pour me contredire ! Au programme :  jazz-funk , soul-jazz, funk bien sur mais aussi easy listening, library music et thèmes cinématographiques. Les noms ne vous diront pas forcément quelque chose à part peut-être celui d’Ambros Seelos que l’on a pu voir déjà présent sur plusieurs compilations et qui ici en introduction, annonce tout de suite la couleur avec son « Mabusso », funk racé mélange de cuivres, percussions et orgue hammond. Puisque l’on parle d’orgue, cette compilation n’en n’est pas avare, que ce soit sur les titres de Gerard Narholz « Ufo-Invasion », la reprise du classique de Booker T & The Mg’s « Hip Hug Her » par Theo Schumann Combo sous le nom « Hackepeter » (!),  le « Orbiter » de Heinz Kiessling ou encore Pete Jacques et son « Hard Work ». Parmi les titres que l’on peut retenir également il y’a l’afro psyché du connu James Last avec « U-Humbah », le très Stax (entre les Bar-Kays et les Mar-Keys) « BL  Spécial » de Berry Lipman, ou encore la reprise du célèbre thème « House of the rising sun » (interprété par de nombreux artistes dont Nina Simone, The Animals, The Doors, The Rolling Stone et même notre Johnny national sous la traduction erronée de « Portes du pénitencier » alors qu’il s’agit à la base d’une maison close !), sous le nom de « Es steht ein haus in New Orléans » revu et corrigé par Orchester Günter Gollasch.

Même si on n’échappe pas à quelques morceaux un brin kitsh (il suffit d’écouter la reprise du célèbre thème « Mamy Blue » avec une orchestration à la clarinette, qui nous ferait croire que Christian Morin a participé au titre !) l’ensemble est de très bonne facture ! Faire ce genre de compilation tient toujours de la gageure tant il est parfois facile d’aligner les morceaux soit disant rares sans réelle cohérence dans la thématique. Ici l’éclectisme est de mise, mais la qualité est au rendez-vous ! Et puis j’ai toujours eu un petit faible pour les compilations dites « géographiques » ! Celle-ci ne fait pas exception ! Herrlich und Wunderbar !

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).