Review

Label : Soulab

Si il y’a un album que l’on a attendu chez Fonkadelica c’est bien celui de The Uptown Funk Empire ! Et encore c’est un doux euphémisme ! Il faut dire que le premier 45t boulet de canon « Now feat. Juan Rozoff / Boogie » largement diffusé sur Radio Nova et les différents titres que l’on pouvait découvrir sur son Myspace on avait de quoi avoir l’eau à la bouche ! Et le résultat attendu est largement à la hauteur de nos espérances ! Disons le franchement c’est l’album funk fait pas un français que l’on n’attendait plus ! Et si Juan Rozoff est le roi du funk en France, Bruno avec ce projet se place désormais en véritable outsider, quoi que dans un registre différent.

Car ce qui fait la particularité de « The Empire Strikes Back » (en référence à Star Wars bien sur) c’est la capacité à digérer les influences disco-funk et boogie de la fin des 70’s, début 80 »s, sans tomber dans la caricature ou le revival nostalgique et outrancier de mauvais goût. Ce qui lui donne d’emblée sa crédibilité c’est sûrement le fait aussi, que son créateur Bruno a une palette créatrice des plus éclectiques : soul, funk, reggae, jazz, house par l’intermédiaire de ses nombreux projets : The Dynamics, Mr Président, Metropolitan Jazz Affair…il ne s’agit donc pas d’un geek obsessionnel qui voudrait créer la machine à remonter le temps en ventant à qui veut l’entendre que décidément les 80’s c’était quand même le bon temps ! (quoi que l’on y serait tous un peu tenté parfois !). Non je vous rassure ! Même si il assume totalement ses références et influences, cet album de 16 titres s’inscrit bien dans notre époque, tout en nous proposant du coup des morceaux plutôt intemporels au final.

Les ambiances dancefloor sont totalement incontournables sur cet album. « Boogie » bien sur est chaudement recommandé, et nous avait déjà mis en transe en face B du 45t « Now ». Tout comme « I guess that you don’t mind », « You’ve got to have freedom » feat. Janice & Ange et son vibraphone à la Roy Ayers ou encore “Keep on giving ‘it up” qui inexorablement vous donneront envie de pousser les meubles et de réaliser des chorégraphies autant improbables que libératrices. « No one gonna stop us now » lui se la joue presque disco house dans l’esprit. La voix du légendaire soulman anglais Noel McKoy (ex. James Taylor Quartet, plusieurs maxis et albums à son actif) donne un côté deep et sensuel à ce très bon morceau. Et puisque l’on fait référence à l’acid jazz, « We stand at the back of the bus » feat. Janice & Ange devrait ravir les aficionados du son des early 90”s avec une basse ronde et chaleureuse et un petit orgue hammond bien placé. Bruno rend hommage aussi à quelques un des ses mentors : James Brown en premier lieu avec « Good Times (Bye Bye Mr Dynamite) », très jbsien forcément façon Fred Wesley mais aussi à Gary Bartz avec la reprise de son « Celestial Blues » incroyablement réinterprété ici par Ange. Enfin on retrouve des ambiances plus introspectives, plus mid-tempo comme sur « Manchild », « I used to spend my time » ou « Take you out » et sa talk box qui permettent de créer des pauses parmi des ambiances plus endiablées.

A la sortie de l’écoute de ce disque je ne pousserais qu’un seul cri : Co Co Ri Co !!! Enfin un disque de funk fait par un français totalement exportable ! Tout d’abord parce que la production est impeccable mais aussi parce que les titres tous chantés en anglais leur donnent un côté universel. Malgré des univers parfois différents, l’ensemble est cohérent et laisse défiler ces 16 titres sans que l’on s’ennuie une seule seconde. On en viendrait à espérer que ce projet de Uptown Funk Empire voit le jour sur scène, possibilité peu probable ceci dit d’après l’auteur lui-même mais rien ne nous empêche de rêver ! En tous cas voici l’album incontournable de cette rentrée 2009 ! On vous aura prévenu !

>> Notre INTERVIEW

>> Le myspace de Uptown Funk Empire !

>> Le myspace de Bruno « Patchworks » Hovart

>> Le site officiel du label Soulab

 



About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).