Review

Label : Stones Throw

Projet crée fin 2011, par le prolifique Mayer Hawthorne  (surtout médiatisé ces dernières années sous sa casquette de soulman), et le producteur de  Seattle, Jack One, Tuxedo est resté pendant quelques temps un des secrets les mieux gardés de l’univers du funk ! En tous discrétion, notamment pour des raisons contractuelles, mais aussi pour voir comme le public allait réagir face à leur musique, le duo envoie quelques morceaux sur Youtube fin 2013, sans dévoiler les identités de leurs auteurs !  Petit à petit la rumeur enfle et la vérité explose derrière le nom des créateurs de ces énigmatiques morceaux ! La surprise est d’autant plus grande que c’est dans un registre boogie funk / disco-funk que le groupe évolue, assumant pleinement son amour des grandes heures du genre au début des 80’s en signant en plus cette sortie chez Stones Throw !

Car si l’on ne peut parler de copiages éhontés ici, les références, de la grande époque du disco-funk sont non seulement évidentes mais largement assumées et relayées par le groupe : Chic, Shalamar, Zapp, Plush, Leon Sylvers…pour les 80’s et les sons west coast /g-funk de la première période des 90’s (Dr Dre, Snoop, Nate Dogg…).

Et avouons le l’album est d’une efficacité redoutable et certains morceaux, dès la première écoute font office de tube en puissance ! Le premier extrait officiel « Do It », et son clip communicatif vous emmène à l’époque où on disait également à Roger Troutman de le faire (« Do it Roger »). « Watch The Dance » vous prend également avec son introduction tout en douceur et son refrain au combien accrocheur… »Dance » ! « I Got U » et « The Right Time » avec leurs mélodies, leurs chœurs entêtants, et leurs synthés toutes voiles dehors, vous emmèneront directement sur la piste de danse ! Des réminiscences des drum machines utilisées par S.O.S Band sont même présentes sur « Lost Lover ». Mais le tour de force du duo est d’avoir aussi imaginer le morceau original du « Ain’t no fun » de Snoop Dogg feat Nate Dogg, Warren G & Kurupt (paru sur le premier opus Doggystyle), sous le nom de « Number One ». Voilà un concept original qui devrait donner des idées à d’autres !

Si certains morceaux comme « Two wrongs » ou « Tuxedo Groove » jouent plus sur la corde mid-tempo, histoire de montrer la diversité du savoir-faire de leurs protagonistes, c’est surtout pour nous permettre de rebondir sur les morceaux plus uptempo.

Quoi qu’il en soit l’ensemble de l’opus est une vraie surprise qui dans le renouveau des sonorités 80’s de ces dernières années qu’elles soient commerciales (Daft Punk, Bruno Mars, Breakbot…) ou plus underground (Dam Funk, Chroméo, Ameega…) réussit à proposer un projet totalement cohérent aux sonorités nostalgiques assumées tout en étant largement ancré dans son époque. On se met même à rêver que des versions extended sortent en maxi sur les morceaux les plus tubesques de l’album ! Seul petit bémol, une pochette à minima, sans grande inspiration qui aurait mérité un peu plus de créativité pour rendre le disque encore plus attractif. Mais ce ne sera pas suffisant pour bouder notre plaisir et se passer en boucle ce premier essai de Tuxedo !

Notons enfin que les amoureux des supports s’en donneront à cœur joie puisque le disque sort non seulement en digital, en CD, en vinyles mais également…en cassettes, histoire de remonter un peu plus dans l’espace temps, 30 ans en arrière ! Et vous, vous achèterez lequel ?

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).