Review

Label : Luaka Bop

Tim Maia de son vrai nom Sebastiño Rodrigues Maia, aurait eu 70 ans ces jours-ci si il n’était pas décédé un jour de mars 1998, quelques jours après avoir fait un malaise lors de la fin d’un de ses concerts. Il faut dire que ce personnage iconoclaste a eu une vie agitée de rock star, où les excès étaient à l’image de son succès d’alors dans le Brésil des 70’s.

Il fut associé au mouvement Black Rio, surement par son appartenance à la communauté afro-brésilienne et par la forte dose de soul qu’il mettait dans sa musique mais Tim Maia était bien plus que ça !

Personnage singulier, il a créé son premier groupe à l’age de 15 : The Spoutniks avec un certain Roberto Carlos, une autre figure de la musique brésilienne par la suite ! Deux ans plus tard il décide de partir aux USA. Il y restera 4 ans mais sera vite rappatrié vers sa terre natale, à la suite d’une sombre histoire de voiture volée et de consommation de drogues. Après quelques années d’incertitude, il faut attendre  l’année 1970 pour que Tim revienne enfin dans la musique et sorte son premier album éponyme chez Polydor. S’en suivront tout au long des 70’s plusieurs albums qui forgeront sa réputation.

Personnage à la fois populaire et décrié, il mènera en tout cas sa vie comme il l’entend en faisant le choix de se marier cinq fois, d’abuser plus que de raison du LSD et de la marijuana, et de faire partie d’une secte pendant deux ans (Racional Energy) qui vouait un culte entre autre à l’espace et ses mystères !  Volontier provocateur et atypique ça ne l’empêche pas d’être adulé (il faut entendre les fans féminines  sur les vidéos de l’époque) et d’apparaitre même dans les télénovelas locales. En un mot : unique !

Ceci dit en écoutant cette compilation, difficile d’être totalement en extase devant les qualités d’auteurs compositeurs du bonhomme : pas de hits incontournables, pas de textes engagés ou révélateurs des contemporains de son époque. Sa réputation était plus dûe à son sens du verbe, son charisme naturel et son côté crooner. On retiendra malgré tout quelques titres « Brother, Father Mother, Sister », « Nobody Can live Forever », ou « Rational Culture » qui rentrent facilement dans la tête.

Il marquera en tous cas de façon évidente son pays, et un de ses neveux Ed Motta, (qui par la corpulence et l’esprit lui ressemble étrangement) continuera à transmettre le flambeau de ce mélange entre esprit brésilien et afro-américain. Mais ceci est une autre histoire !

 



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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).