Review

Label Original : DJM Records (Réédition 2013 : Robinsongs / Cherry Red)

Si vous n’avez jamais entendu parler du Watsonian Institute, voici une bonne occasion de vous rattraper ! En effet pour la première fois, le label Cherry Red réédite les deux albums de ce groupe sortis à la fin des 70’s, en CD. Derrière ce nom de collectif se cache en fait le backing band de Johnny Guitar Watson, dans lequel celui-ci est également producteur, arrangeur, chanteur et musicien  ( sa fameuse guitare en particulier). Parmi ses compères donc on retrouve Tommy « Slide » Robertson qui assure les percussions et le trombone, Bobby « Bumble Bee » Howard la basse,  Gip « Pretty Playin » Noble l’orgue Rhodes et les différents synthés et Emry « Elegant E.T. » Thomas à la batterie.

Après le carton et le million de disques vendus de ses deux précédents albums à gros succès (chroniqués ici) c’est donc en 1978 et 1979, que Johnny décide de mettre en lumière son groupe en même temps qu’il continue sa carrière solo en parallèle. Et il a bien fait ! En effet ces deux chefs d’œuvres de sa discographie un peu oubliés avouons-le, sont pourtant étonnamment très puissants. Alors que ses précédents projets évoluaient plus dans des univers soul et bluesy, ici le funk et la jazz-funk sont beaucoup plus mis en avant avec des instrumentaux essentiellement, où les voix sont juste parfois posées comme de petites apparitions. Les cuivres sont souvent  impeccables et précis dans le phrasé, avec grooves implacables, de superbes solos, et surtout de belles mélodies finement posés sur le rythme.

Commençons par « Master Funk » . Le titre éponyme porte bien son nom car Johnny y propose une voix de gaillard sexy, où il établit clairement qu’il est le maitre du jeu !  Son solo de guitare lunaire psychédélique  s’intègre bien dans l’ensemble. Bill Haley finira le titre avec un solo de saxo sympathique. Puis, sur « The funk if I know », la basse claquée fait la rythmique, sur des sons de cloche qui donne la pulsation aux cuivres en pleine forme. Les titres ‘enchainent avec un ton jazzy, des jams beaucoup plus débridés que sur les projets solos de JGW encore une fois. « Lady Voo Doo » est surement le titre le plus connu de cet opus. Avec un guest de choix en la  personne de Charles Wright, dans un esprit très générique TV , les cuivres tonitruants donnent  un relief terrible à ce morceau qui du coup est relativement proche des JB’s ! Jouissif ! « De John’s Delight » lui est une pure merveille jazz funk instrumentale, qui vous laissera sans voix à la première écoute.

Sur le deuxième  album « Extra Disco Perception » la mouvance disco se fait plus ressentir au début mais l’univers musical de celui-ci est malgré tout proche du précédent. « New York, New York » ouvre la danse sur une basse speedée, une voix afro américaine surpuissante chantée par Randy Redman. Coups de sifflets, claquements de mains, clavinet… tout y passe et nous on danse ! « Lil’ sis » est autre exemple de réussite disco funk avec petits bruitages psyché dans la production.Le  troisième titre « Pretty Brown Doll » fait plus la part belle à l’orgue dans le style de Jimmy Smith, mais toujours agrémenté de cuivres salaces. « Follow me », titre plus binaire, met en avant la basse sur synthés dans les graves, un piano percutant, des cuivres toujours aussi mélodieux. Bref, il n y’a rien à jeter dans l’enchainement de tous ces titres !

Au final le groove est sidérant, et ces deux LP’s à l’origine,  font très clairement partie des chefs d’œuvre de Mr Watson ! Ceci dit on ne peut qu’apprécier à l’époque ce bel effort de mise en veilleuse de son ego, et d’avoir fait le choix de mettre en avant ses musiciens talentueux ! Les side-projets ont souvent du bon et celui-ci reste à jamais gravé  dans le marbre du temple funky !



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Mpls
Administrateur et Co-créateur du site. Fan de funk et de toutes les musiques décrites ici ; mais surtout grand admirateur de Prince. N'hésitez pas à me conctater pour toutes infos ou échanges.