Review

Label : Légère Recordings

Qui ne connait pas encore les New Mastersounds, le mythique quatuor funk issu de Leeds ?

Connus pour leurs morceaux instrumentaux, Simon Allen (le batteur) et Eddie Roberts (le guitariste) qui faisaient partie des Mastersounds à la fin des 90’s (groupe qui vécut 2 ans à peine), recrutèrent Pete Shand (le bassiste) et Bob Birch (le claviériste) en 1999 pour former les New Mastersounds.

C’est à l’instar d’Eddie que tout cela se fit, car en plus de gratter la 6 cordes, il mixait aussi dans un club de Leeds et eut envie d’intégrer un groupe live dans ses soirées. Il contacta donc Simon, son ex compère des Mastersounds, pour la suite que l’on connait.

En 2001 sort leur 1er album sous la houlette du DJ/producteur écossais de renom, Keb Darge, « Keb Darge presents The New Mastersounds ». Le disque eut de bonnes critiques et fut repéré par des DJ’s tels DJ Shadow, Cut Chemist… Suivront « Be Yourself » en 2003, et « This is what we do » en 2005, jusqu’en 2007 où Bob quitte le groupe pour des raisons personnelles et est remplacé par une autre figure locale, Joe Tatton, un habitué des collaborations groovy avec divers groupes et artistes issus de Leeds, tels la chanteuse Corinne Bailey Rae ou les percutants Haggis Horns.

Ils voyagent ensuite dans le monde entier, des USA au Japon en passant par toute l’Europe, partageant des scènes avec certaines de leurs idoles comme Maceo Parker, Fred Wesley, Art Neville…,  sans jamais cesser de composer.

C’est aujourd’hui avec leur 10ème opus qu’ils reviennent nous voir, un album audacieux et aux collaborations multiples, dont le fameux percussionniste / vibraphoniste Mike Dillon, habitué des collaborations pop/rock, donnant un cachet supplémentaire

Le disque, qui fut enregistré à la Nouvelle Orléans, s’ouvre sur « Made for pleasure », un morceau entraînant porté par le son de l’orgue de Joe (où l’on devine l’influence d’artistes comme Booker T Jones), et qui porte vraiment bien son nom.

Sur le suivant, « High & Wide », son intro cuivrée à la JB’S vous percute les tympans pour ne plus vous laisser souffler. Car oui parmi les collaborations sur cet album, il y a la mystérieuse et efficace section cuivre des West Coast Horns, comprenant le saxophoniste Joe Cohen et le trompettiste de jazz Mike Olmos, et que l’on retrouvera tout au long de l’album.

Puis sur « Enough is Enough », c’est la voix de la chanteuse Charly Lowry, (membre du groupe Dark Water Rising, aux influences rock/blues/musique amérindienne et plus habituée à mêler  sa voix  avec des chanteuses blues comme Rhiannon Giddens ou Pura Fé) que l’on peut entendre chanter de la soul, avec une énergie communicative.

On la retrouve aussi sur le morceau « Joy », une belle balade soul/jazz qui lui permet de mettre en avant son joli timbre de voix, ainsi que sur le très énergique et soul « Just Gotta Run ».

En parlant de soul/jazz, on trouve sur l’album 4 autres instrumentaux, 2 en guitare / clavier, « Cigar Time » et « Sitting on their Knees », et 2 autres jazzy/groovy, « Pho Baby » avec sa guitare blues et « Tranquilo », qui se dégustent admirablement bien assis au fond de son fauteuil.

Nos 4 anglais se permettent même une surprenante réorchestration, en version reggae/dub, du hit pop de la jeune Iggy Azalea, « Fancy », le rendant méconnaissable.

Ces types-là ont du talent, et s’en amusent, pour notre plaisir et le leur.

>> La version numérique est disponible, la version cd et vynil le 06/11/15

>> Site officiel

>> Discographie



About the Author

Arnold
Fan des 60's et des 70's, de leur histoire et de leur musique, des Rolling Stones à Otis Redding, des JB's et à George Clinton, j'aime découvrir et partager les nouveaux artistes qui ont les mêmes influences que moi et qui sauront me faire vibrer. Les concerts sont d'ailleurs le meilleur endroit pour ressentir toute la force de la musique, n'hésitez pas à sortir de chez vous pour la découvrir. Je collectionne aussi à mes heures perdues les disques sous tous leurs formats, car la musique se doit d'être partagée, mais aussi conservée et protégée pour les générations futures.