Review

Label : Mack Avenue

Bootsy Collins a dit Jadis « No bass, No Funk » on serait tenté de compléter cette maxime par “No Stanley, No Slap” tellement la légende Clarke a su bousculer les codes des courants et de son instrument, avec ce son type, percussif extirpé de sa basse électrique depuis le début des 70s, faisant de lui  un des pionniers et plus beaux fleurons de la mouvance Fusion. Ses faits d’armes incluent déjà une quarantaine d’albums sur lesquels il a eu à redéfinir l’usage de la basse et de la contrebasse ; la signature de maintes compositions pour des classiques du petit et grand écran Hollywoodien ; une diversité de collaborations  au sein de formations  ‘All stars’.

De notre côté, que peut-on vraiment encore espérer de « neuf » et d’enchanteur d’une énième œuvre de l’artiste ? Si on peut balbutier à l’idée de préciser nos attentes, lui il a déclaré l’avoir enregistrée sans intention particulière, outre que de jouer et simplement prendre du plaisir entre potes. « UP », Ce qu’il appelle aujourd’hui son « Projet le plus rythmique et dynamique de sa carrière » (et rien que ça) s’est donc construit autour de quelques invités de choix et de son Stanley Clarke band, un collectif de nouveaux, neo-anciens et même très anciens partenaires à l’image de Chick Corea et Gerry Brown ici présents.

Effectivement, en terme de rythme et de dynamisme, ça démarre sur les chapeaux de roue avec « pop virgil » hommage criant au Godfather of soul James brown, accompagné d’une section rythmique très Jacksonienne : John Robinson (batterie), Greg Phillinganes (claviers), Paul Jackson Jr (guitare).  Dans une moindre mesure Groove, on retrouve l’exotique « brazilian love affair », reprise du classique de son vieil ami George Duke, disparu l’an dernier. La coupe du Monde Football Brésilienne devient de l’histoire ancienne, mais c’est avec joie qu’on y retournerait au chaud avec  cette esquisse au casque. L’originale était déjà dotée d’une dose conséquente d’accords slappés, Stanley (véritable Dieu en  la matière) aura donc opté pour un son plus « rond » à la  contrebasse. Le solo piano ne sera pas pour déplaire à sir Duke de là haut (virtuose des claviers de son vivant).

L’endiablé « Up » (titre éponyme) évoque  «Willing & able » (1991) de Prince, revu en formation Big band.  Pour le reste, ce disque regorge d’un bon nombre d’hommages, et souvent aux couleurs Blue Note : ainsi, le bien nommé  « Trust (dedicated to nana) » honore en douceur sa fille, « La Cancion de Sofia » sérénade orchestrale fignolée pour sa douce, la trilogie « bass Folk song » souligne en ouverture le rituel salut à Charles Mingus (une de ses influences majeures); une pratique inaugurée sur les disques Clarke depuis 1979. Et comme un cheveux sur la soupe « Gotham City » un clin d’œil moins mollasson adressé à l’univers Comics. Si « bonne charité commence par soi-même », Stanley s’auto-cite en avant dernière piste, avec une version toujours aussi pêchue de son classique « School days » (1976). Il n’est toujours pas tard pour les bassistes en vogue de retourner à l’école de la basse Clarke.

De toute évidence, « Up » s’inscrit plus au rayon d’ album Tribute, sur fond de Jam. De la reprise à la citation, aux frontières du détournement, en passant par des titres taillés sur mesure pour les siens, ses idoles comme ses amis, ou même carrément  l’homme chauve-souris. Stanley Clarke a souvent refusé à juste titre l’étiquette de « Bassiste jazz ». C’est un peu loin, ces années « Lopsy lu » ou « school days », l’ayant vu triturer sa basse de son pouce droit au doigté unique, pour le plus grand bonheur des Funkateers que nous sommes ; Et aujourd’hui, il n’est plus qu’un intermittent de ce courant. Mais On aurait espéré un plus grand déploiement de ce toucher sur ce set  dit « Up », œuvre selon le maître « la plus rythmique et dynamique  de carrière » (NDLR). Jugée sur pièce, c’est pour le moins, le dilemme du verre à moitié plein ou à moitié vide. Mais tel un matelas à eau, il est certain que cet énième effort du bassiste légendaire apaise plus qu’il ne remue.

« Listen to the Bass, Stanley on the bass » comme le murmurait Q-tip sur leur duo “1,2,to the bass” !

Et c’est bien tout ce qu’il nous reste à faire.

>> Sortie d’un documentaire en 2015 (News)

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Billy Jack
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