Review

Labels : Heavenly Sweetness – Universal   (Sortie 13 Novembre 2015)

The Mic Buddah est sûrement l’album qui représente le mieux l’univers éclectique du talentueux artiste qu’est devenu Sly Johnson. Au fil de son périple musical en France, le rappeur, beatboxer et chanteur soul aux multiples facettes a tout connu. Le succès d’entrée, à l’orée des années 2000 dans le groupe hip-hop Saïan Supa Crew avec lequel il remportera plusieurs disques de platines, puis en solo sous le très sélectif label Universal Classics & Jazz pour lequel il sortira en 2010 un fastueux album baptisé 74, produit avec brio par Jay Newland, connu pour ses collaborations avec des artistes tels que Norah Jones, ou Ayo et arrangé par Larry Gold, arrangeur de John Legend, Macy Gray ou encore Aretha Franklin (rien que ça !). Mais pour exprimer ce qu’il est vraiment et toutes les influences qui l’habitent, Sly Johnson a du attendre sa rencontre avec le label indépendant parisien, Heavenly Sweetness (Anthony Joseph, Guts, Blundetto).

The Mic Buddah est le fruit de cette collaboration entre un label à l’écoute de ses artistes et le duo Sly Johnson-Romain Dilouya, multi-instrumentiste et réalisateur de l’album.

En résulte un disque intimiste et personnel, où Sly Johnson dévoile sans concession au long de 13 titres, des compositions riches, empreintes de sa patte « Hip-Soul/Hop-Soul » comme il se plait à le dire lui même, loin des contraintes esthétiques des majors et sublimées par des featuring inédits avec plusieurs artistes notoires dont Rachel Claudio, Valérie Delgado et Erik Truffaz sur le titre Why ou encore Oxmo Puccino et Magic Malik sur le titre Music. Cet opus débute en beauté avec un morceau baptisé Ouverture, composé de délicates harmonies vocales et d’un beat puissant, ce titre rappelle le For You d’un certain Prince

Puis vient EVRBDD (Everybody Dancin’), morceau au groove imparable où l’on retrouve l’essence du hip-hop new-yorkais du début des années 80, agrémenté d’ornements soul, funk et électro actuels savamment distillés. Nasty Girl, le troisième titre et single de The Mic Buddah, apparaît quant à lui comme un hommage au roi de la pop Michael Jackson avec ce chant très rythmique, caractéristique. On relèvera également les titres Simply Beautiful, résolument nu soul, Why, clin d’œil élégant à la vedette du label Motown des années 60, Marvin Gaye, All The Time qui nous rappelle l’univers Hip-Hop/Soul de Cee-Lo Green, ainsi que Magique, Les Fleurs du Mal, et Music, trois morceaux qui ont la particularité d’être chanté dans la langue de Molière.

The Mic Buddah est donc un bel album aux multiples influences, à découvrir pour les adeptes de mélange des genres et, bien que quelque peu décousu à mon goût, son écoute reste essentielle pour comprendre l’univers facétieux de cet artiste prolifique qu’on retrouvera impliqué prochainement dans plusieurs projets aux côtés notamment du chanteur Raphaël, du pianiste Jacky Terrasson ou encore du duo Synapson.

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Kid Jo
♫ Benjamin de l'équipe, Kid'Jo est tombé dans la marmite Soul/Funk quand il était petit... Depuis cette potion magique n'a cessé de rythmer sa vie. Musicien du Métro, vous pourrez peut-être le croiser par hasard, au détour d'un couloir, entre les stations Montparnasse, Pasteur, Belleville et Saint-Michel ;)