Review

Label : Daptone

Q

u’il est loin le temps où Sharon Jones était gardienne de prison à Rykers Island ! Plus de 10 ans après sa signature chez Desco Records et cinq ans après son premier LP « Dap dippin’ with Sharon Jones and The Dap-Kings », Sharon a su s’imposer comme une référence en matière de soul-funk vintage. Avec des shows sur vitaminés à travers le monde entier elle a également prouvé qu’à 50 ans passés, on pouvait encore renvoyer aux vestiaires les petits groupes de jeunes énervés et surtout que l’on pouvait réaliser ses rêves !

Sur ce troisième LP on la retrouve toujours en compagnie de ses Dap-Kings et le même label depuis 2002, Daptone Records. Deux ans après « Naturally », celui-ci marque un tournant pour cette originaire d’Augusta. Pas question d’électronique ici non rassurez-vous mais la miss propose une soul plus proche d’un rythm’n blues des 60’s et nous fait voyager dans les influences de l’époque. Du label Motown au label Stax, du Nord au Sud, elle explore tous ceux qui ont fait l’histoire soul de l’Amérique. Rien d’étonnant finalement, bien qu’ayant une histoire familiale ancrée dans le sud des U.S.A, elle quitta la Géorgie alors qu’elle était encore adolescente pour s’installer à New York City !

Côtés compositions donc, la majorité des morceaux ont été écrits par Gabe Roth aka Bosco Mann, le bassiste et leader des Dap Kings avec la participation également du batteur Homer Steinweiss, du guitariste Thomas « TNT » Brenneck ou encore du sax ténor Neal Sugarman (également leader des Sugarman Three) sur le très motownien « tell me ». Globalement on navigue dans des univers mid tempo voir même downtempo. Certains morceaux à mi-chemin, entre blues et rythm’n blues (« Be easy », « Humble me »…) montre bien le côté plus émotionnel et introspectif de cet album. Parfois ce bon vieux deep funk n’est pas loin comme sur « Nobody’s baby » ou « Keep on looking » et ses cuivres, mais tout cela reste bien maîtrisé et relativement sage tout de même !

Au final ceux qui étaient attiré par l’énergie jamesbrownienne du premier album seront sûrement déçu tant les ambiances ici font plus appel à l’âme qu’aux jambes. Et pourtant cet album sent bon la maturité d’années d’expériences avec des orchestrations « lêchées » et travaillées et la présence même de chœurs gospel  sur « 100 days, 100 nights ». Si vous rajoutez à ça la très belle pochette qui nous renvoie directement 40 ans en arrière, vous aurez compris que vous avez entre les mains un album soul qu’il ne faut pas manquer de découvrir !

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).