Review

Label : Verve

Roy fait un pas ou deux en avant et montre la voie à suivre si le jazz veut rester vivant. Il faut dire qu’il a su s’entourer de la crème de la crème : les rappeurs Common et Q Tip, les chanteuses Erykah Badu, Stephanie McKay, Renée Neuville , les chanteurs D’Angelo ou Anthony Hamilton mais aussi ds musiciens d’exception : la bassiste Meshell Ndedeocello, le clavieriste Bernard Wright, les saxophonistes Steve Coleman ou Jacques Schwarz-Bart…Excusez du peu ! Roy Hargrove cherche encore et toujours de nouvelles expériences et il sait largement mené sa barque sur cet album avec le RH Factor.

La maîtrise du groove est indéniable que ce soit sur «Hardgroove», «Common Free Style», «Pastor T» ou «Out Of Town». Les lignes de basse, rondes ou ‘slap’, traditionnellement fortes dans le funk et le jazz, dominent l’ensemble et sont impressionnantes de qualité technique. La beauté des ballades, aux sons plus traditionnels, permettent à l’auditeur une évasion rapide. Elles sont une passerelle avec l’histoire du jazz ; On pense inévitablement au New York des années 50 et 60, surtout sur «Liquid Streets». Le blues n’est pas en reste : «Kwah/Home» et «I’ll Stay» sont des modèles du genre.

L’émotion est forte sur l’ensemble de l’opus preuve que la technique peut toucher au cœur si elle n’est pas trop démonstrative. Enfin, le mélange jazz-rap est également très réussi. Le choix de Common et Q-Tip n’est pas un hasard. Q-Tip a prouvé, tout au long de sa carrière avec A Tribe Called Quest, sa passion pour le jazz. Son phrasé et son timbre de voix servent à merveille la musique de Roy sur «Poetry»

. Bref, aucune ombre au tableau. Voilà pourquoi l’œuvre a été une des meilleures ventes jazz de l’année 2003. Et c’est donc pourquoi Roy réussit le pari de plaire aux puristes jazz ainsi qu’aux jeunes passionnés de R&B ou de Hip-Hop. Seul Miles Davis avait accompli cet exploit !

>> En savoir plus sur Roy Hargrove
>> Sa discographie en solo
>> Sa discographie avec le RH Factor



About the Author

Christophe Augros