Review

Label : Mascot Records – Provogue

Voici un beau projet de : Tal Bergman (batterie), Joe Bonamassa (guitare), Ron DeJesus (guitare), Mike Merritt (basse) et Renato Neto (clavier).

Rock Candy Funk Party c’est un mélange du groove de Prince et des riffs de Led Zeppellin, de l’énergie rock des Red Hot chili Peppers et du funk de James Brown ! C’est une pochette couleur jaune bonbon citron, une jam festive qui va vous faire danser et vous faire Shake everything you’ve got, comme le dirait un certain Maceo Parker !

Particulièrement productif, le bluesman américain a parfois malheureusement tendance à mettre davantage en avant sa virtuosité que la musicalité dans ses projets. Là, ce n’est pas le cas !

Le concept de cet album instrumental : 5 musiciens qui se retrouvent pour une dizaine de jours en studio. Rien n’est écrit au préalable, tout est improvisé et composé sur place.

Les deux guitaristes Joe Bonamassa et Ron De Jesus (Planet Funk, The Emotions ou encore Tito Puente), qui se partagent  riffs et solos, ouvrent le bal avec Octopus-E. L’intro fait penser à celle de Pick up the pieces (Average White Band), et on apprécie le solo de synthé, son clair, contrastant avec celui saturé de la guitare. (voir 1ère vidéo ci-dessous)

Aux claviers, c’est Renato Neto (Sheila E., Dianne Reeves, Scott Henderson, Prince) qui officie. Son jeu à l’Org’Hammond est nickel sur New York Song, et son toucher à la Stevie Wonder sur Dope on a Rope l’est tout autant. On notera au passage la référence à Jean Pierre dans le solo de guitare. Miles aurait aimé !

Sur Ode to Gee, c’est l’évolution que connaît le morceau au cours de ses 8 minutes qui est intéressante. Une intro planante, inquiétante, une batterie dont la rythmique se construit peu à peu et qui prend progressivement sa place, doucement rejointe par la basse et le clavier, la guitare venant ensuite ajouter sa mélodie.

A la basse,  Mike Merritt (fils du bassiste de Art Blakey and the Jazz Messengers) se fait remarquer, et en bien ! Pour son jeu sur l’ensemble de l’album, mais aussi sur l’intro et le riff de Root down (And get it), morceau aux sonorités plus jazzy avec un solo dans l’esprit John Scofield.

Le morceau We Want Grooove nous rappelle les rythmes de James Brown ou The Meters, avec par-dessus une petite ritournelle saturée. Les sons électroniques et samples ajoutés donnent une tonalité assez différente par rapport au reste du disque.

Pour compléter la section rythmique, c’est Tal Bergman (Chaka Khan, Brian Hugues ou Joe Zawinul, d’où peut être des sonorités à la Weather Report) qui mène le groupe à la baguette, ou plutôt « aux baguettes ». Animal / Work met en avant le batteur, également producteur de l’album. Ce morceau, mon préféré, est composé d’un riff groovy à la Michael Jackson ! On pense d’ailleurs forcément à Thriller lorsqu’on entend les premiers bruits de pas dans un couloir au début..

La sensualité est à son maximum dans The 10 best minutes of your life . Un groove planant presque psyché, une basse en boucle et une construction du morceau qui font fortement penser à « Papa was a rolling stone » (The Temptations),

Enfin, New York Song vient conclure le disque. Ce funk / soul / blues lent, ternaire et aérien nous emporte dans un club de jazz New Yorkais, tard dans la nuit, l’esprit embrumé.. le son est crade et la rythmique simpliste, mais efficace.

Cet album est une réussite. Seul petit bémol à mon goût, le morceau Spaztastic que j’ai trouvé un peu moins intéressant tant dans ses mélodies que dans ses arrangements. D’autre part, et c’est dommage, ce disque a été peu distribué et à part sauf quelques concerts qui ont eu lieu à New York, pour l’instant rien ne se profile hors USA.

Même si on ne peut pas dire que cet album soit novateur, il fallait tout de même oser produire et éditer une jam instrumentale. Et ce que l’on retiendra surtout, c’est ce funk rock puissant, une belle alchimie et un groove  communicatif ! C’est comme ça que l’on aime écouter Joe Bonamassa, et on espère que cette sortie ne soit pas juste anecdotique et que l’on réentendra très bientôt parler de Rock Candy Funk Party !

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rythmkeeper
Le blues rock, le funk, la soul ou le jazz ! Batteur et musicien, la musique et les échanges qu’elle permet ont une place très importante dans ma vie.