Review

Label : NPG Records

(Chronique écrite en 2010)

PRINCE est toujours autant un paradoxe qu’au début de sa carrière dans les années 80. Sauf qu’à ce jour, le paradoxe est moins connu, car moins répercuté par les grands médias actuels. Est-ce pour autant un artiste sans succès ? Au sens du mot « HIT » oui, mais pas au sens artistique et reconnaissance du milieu et du public. Un succès toujours aussi grand sur scène ( les concerts du Grand Palais à Paris et ceux de Arras et Nice) qui rassemblent des milliers de spectateurs en peu de temps et des live qui ne déçoivent jamais (les gens en veulent toujours plus de lui sur scène). Il est donc plus question aujourd’hui d’analyser son succès sur disque ! Mais que vaut « 20ten ». 2010 en français ! Dix titres, dont un caché, suffisent à donner une nouvelle démonstration de son talent d’écriture et d’interprétation (on oublie souvent qu’il joue de tous les instruments, les mixe, fait les chœurs, les lead, produit, arrange, …).

« 20ten » est un album concis, assez simple dans la production. Retour aux sonorités du Minneapolis sound pures et dures des années 80 qui ont inscrits le son Prince : boîtes à rythme, synthés massifs, quelques rifs de guitares pour la rythmique et des solos pour les envolées finales. Les fans seront ravis. Les autres peut-être surpris, car on y retrouve la grâce des concepts albums où tout s’enchaîne à merveille, ou l’œuvre présente une unité de son, où aucun morceau ne nous ennui (si ce n’est ici le 8ème « Sea of Everything »).

« Compassion » ouvre le bal avec un morceau pop-rock énergique plutôt réussi, où la guitare a la part-belle, et avec un final légèrement cuivré pour au final une belle intro mélodieuse. « Beginning Endlessly » poursuit l’effort, vraie marque de cet album aux sonorités synthétiques, et aux chœurs magnifiques (effectués par les trois choristes actuelles qu’il a sur scène : Shelby J, Elisa Dease, Liv Warfeild). Vient le slow qui tue de l’album « Future Love Song », titre quasi identique à la construction d’un ancien tube « Beautiful Ones » de l’album « Purple Rain »). Les amateurs du genre apprécieront. Puis vient le fluide et sexy « Sticky Like Blue », super style aérien, dansant, funky, hypnotique, où il s’essaye même à quelques phrasés rappés. « Act of god » accélère encore plus le beat, évidemment dédié à son cher et tendre Jéhova (sans trop nous gonfler avec çà, au final dans l’album), morceau pop-rock funky, où la strato fait encore des siennes (Prince ne la quitte plus !). L’album défile, sans que l’on décroche, et c’est plutôt bon signe. « Lavaux » titre magnifique, sobre et mélodieux comme seul P. sait les faire. Titre dédié aux sensations nature qu’il a eu en visitant les sites vignobles de Lavaux en Suisse, lors de son récent passage au festival de Montreux en 2009 (énormes concerts au passage, qui devraient sortir un jour en DVD). La voix est entre mélancolique et désinhibée, pour un accord parfait avec la production synthés-guitare. « Walk in sand », belle ballade sans plus de prétentions, vient aboutir le projet. Après l’ennui de « Sea of everything », vient le funky « Everybody Loves me », où Prince cri comme dans «Party-up » de l’album « Dirty Mind », titre pêchu, narcissique à souhait, un brin cocasse, limite musique d’émission TV un peu niaiseuse, mais qui au final nous amuse beaucoup.

L’album est passé d’un trait, et on s’est bien senti, pas de déchet, pas de grande surprise non plus, pas révolutionnaire, mais plaisant ! Ne demande t-on pas cela à Prince dans les années 2010, après presque 30 albums. De nous faire plaisir, d’aimer la musique funky, d’avoir envie de réécouter toute son œuvre … A peine dit cela, et un titre caché apparaît « Lay down », plus futuriste, plus étrange, qui finit en queue de poisson et qui surprend une nouvelle fois, juste de quoi nous appâter pour 2011, où l’album est surement déjà prêt ! A dormir dans l’énorme Vault à inédits de Paisley Park. « 20ten » est donc agréable, pochette un peu kitch, mais jolie, on commence à connaître ses goûts parfois flashy ! Prince est donc bien toujours là, créatif, et vivant ! Il ne nous reste plus que ce « grand » là (avec Stevie Wonder), alors ne nous refusons pas ce plaisir pour 3 euros (l’album a été diffusé pas cher par la presse mondiale, Courrier International pour la France) ! Et oui, on a parlé musique, et pas modes de distribution, business, etc. ! Plutôt bon signe !

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Mpls
Administrateur et Co-créateur du site. Fan de funk et de toutes les musiques décrites ici ; mais surtout grand admirateur de Prince. N'hésitez pas à me conctater pour toutes infos ou échanges.