Review

Label : Decon / Rapster

Décembre 2004 : un combo venu de nulle part (enfin si de Californie exactement) tel des super héros envahit les ondes radiophoniques de notre univers groove ! Leurs noms : Jack Splash (Chant), Panda One (Producteur), Dena Deadly et Rashida (DJ) sous l’appellation de Plantlife !  Leur premier album s’appelle « The return of Jack Splash » et secoue alors nos préjugés et nos oreilles en proposant un mélange subtil entre Prince, Outkast, The Neptune, ou Sa-Ra pour citer les références les plus évidentes pour la partie musicale, le tout agrémenté de la voix haut perchée de Jack Splash. D’ailleurs plusieurs maxis extraits de cet album, (« When she smiles », « Luv’ me », « Last song » ) avec des remixes (l’excellent des 4Hero de « When she smiles ») sortent dans les bacs. Le groupe ouvre une brèche et rapidement d’autres s’y engouffrent comme le groupe Chin Chin par exemple qui jouent aussi sur la particularité de vocaux nasillardes.

Après un silence de plusieurs mois le groupe fait son grand retour en 2008 ! Et malgré le changement de label (Decon /Rapster désormais après avoir été chez Counterflow), Plantlife propose avec « Time traveller », une véritable suite de leur premier opus. Les ingrédients qui avaient fait le succès du précédent sont les mêmes que ceux utilisés pour ce volume : une dose de hip hop, de grandes portions de soul, de funk 70 et surtout 80 sous fond d’électronique et un ton décalé voire très second degré par moment ! Une fois de plus ce qui nous surprend c’est cette capacité à fabriquer des titres au pouvoir euphorisant incontestable puisés dans la force dancefloor du funk 80’s : « Sumthin’ about her », « Rollerskate Jam », « Agirllikeudeservesamanwhothreatsuhowulike », « Lovetoy »…en sont de parfais exemple avec des basses puissantes et efficaces. Des noms nous viennent de suite en tête : Caméo, Brass Construction…par moment les sons deviennent plus électroniques comme sur « Tear the house down » ou encore mieux « Take it off » qui n’est pas sans rappeler un certain Prince période « Controversy » ! « Outta control » lui puise dans le funk plus brut : breakbeat de batterie efficace, guitare et orgue mis en avant, refrain et gimmick accrocheur.

Mais Plantlife sait aussi détendre l’atmosphère, la rendre plus douce et moelleuse comme on peut le voir sur « Sun shines trough your love », « What a world  (babygirl) » premier single diffusé sur les ondes mais pas forcément le plus pertinent ceci dit, « Got 2 find a better way » (une ballade langoureuse comme on en fait plus !), ou encore « Fool for you » ! Plantlife n’est donc pas qu’un quatuor de surexcités sous amphétamine mais sait aussi nous proposer des mélodies classieuses qui nous touchent !

 Comme le dit Jack dans une interview : « Plantlife essaie de repousser les limites et de faire de la musique délirante ! ». En fait « Time traveller » est totalement dans la continuité du premier LP. Preuve s’il en est qu’une évolution naturelle est bien plus bénéfique qu’une « rupture » opportuniste ou mal contrôlée ! On peut de toute façon saluer cette capacité à s’approprier les sonorités du passé, tout en étant capable de proposer une bande son totalement intégrée à son époque à la fois excitante et accessible, qui ne tombe ni dans la nostalgie, ni dans la caricature ! En tous cas une chose est sure les aficionados de « The return of Jack Splash » ne seront pas dépaysés par cette suite ! The return of Plantlife !

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).