Review

Label : Groove Merchant

O’Donel Levy est un incroyable guitariste jazz-funk du début des années 70. Méconnu du grand public, il a pourtant joué mais aussi composé avec ou pour les plus grands : Dizzy Gillepsie, Jimmy Mc Griff, Sarah Vaughn, Herbie Mann, Lou Donaldson…Mais ne vous y trompez pas : si O’Donel Levy distille un jeu teinté de jazz, agrémenté d’un touché de guitare rappelant Georges Benson, c’est bien de funk dont il s’agit ici. La couverture superbement rebondie de l’album en est le prologue éloquent ! A noter que les quelques arrangements présents sur l’album sont signés Dave Matthews lui-même!
Cet opus donc le troisième de sa carrière sur le label Groove Merchant a plus d’un atout dans son sac et est considéré comme un de ses meilleurs.

On attaque cette galette avec le titre éponyme « Everything I Do Gonna be Funky », inspiré de la version d’Allen Toussaint, tout en s’en détachant. On est tout de suite happé par cette rythmique crunchy à la guitare wah wah, sur laquelle vient se poser une voix suave à la Isaac Hayes. La seconde guitare vient rapidement prendre le pas : un solo rapide de notes rondes, précises, typiques du son jazzy extrait de la demi-caisse d’O’Donel Levy. La section de cuivres apporte la touche finale de chaleur à cette introduction tout en groove.

Le second morceau, « Marbles », (une reprise de John McLaughlin) est un instrumental de 6 minutes où clavier et guitares rageuses alternent les solos sur un thème hypnotique. La batterie, puissante et carrée mais conservant des nuances jazz comme sur le jeu de la ride, soutient cette « transe », laissant de l’espace à l’enchaînement nerveux et maîtrisé de notes d’O’Donel. Le morceau est atmosphérique, et démontre l’indéniable virtuosité de ce dernier.

Le titre de Billy Preston, « Will It Go Round In Circles » est proposé ici sur un rythme rapide et entraînant. O’Donel et le percussionniste Judd Watkins nous agrémentent de belles harmonies vocales avant de nous gratifier d’un solo endiablé, véritable apothéose sur toute la seconde partie !« Living in the city » est également une élégante reprise instrumentale du célèbre morceau de Stevie Wonder. Le trio formé par les 2 guitares et le clavier s’échangent les thèmes  et entremêlent leurs harmonies pour restituer un véritable chœur, humanisé par les pulsations subtiles de la wah-wah.

« Side Show » est le morceau le plus lancinant de l’album, instant de douceur entre 2 tranches généreuses de funk. « Willow Weep For Me » est un morceau aux forts relents de blues. Celui qui vient du fond d’un bar enfumé, à siroter une bière tiède à la main, bercé par la ligne de basse…Le smooth jazz de « Hey Love! » et « Are you Foolin Me » clôturent tout en douceur cet album à découvrir.

 L’album « Simba » sortira un an plus tard en 1974, c’est aussi un must-have de toute discographie jazz-funk. Ecoutez « Bad Bad Simba », bijou instrumental de 7 minutes d’un crescendo explosif ! A redécouvrir !

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About the Author

Alex Kapel
Arrivé en 2011 dans l'équipe de rédaction, je m'occupe notamment de la partie interviews et concerts. Amateur de raw funk, musicien et collectionneur de wah wah, n'hésitez pas à me contacter pour échanger sur la culture groove. ll fallait bien un breton dans l'équipe de Fonka... Yec'hed mat!!