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Label : Music Development Compagny

Les préjugés ont parfois la vie dure ! Il faut dire que les gros médias, nous assomment depuis quelques années avec leurs prétendues divas soul à la peau claire (de Amy Winehouse à Adèle en passant par Selah Sue ou Duffy pour ne citer que les noms les plus connus) qui n’en portent parfois que l’apparence, sans en avoir ni l’âme ni le style (à vous de voir celles qui rentrent dans cette catégorie dans les noms sus nommés !). Lorsque Nina Attal est apparu sur le devant de la scène en mai 2010 on aurait pu penser la même chose. En effet avec son premier EP « Urgency », personne n’aurait alors imaginer que cette française âgée alors d’à peine 18 ans, démontrait en fait , en plus d’un talent de chanteuse plus que convaincant, une capacité à accumuler les « casquettes » avec brio : guitariste surdouée et auteur compositrice inspirée. Une tournée française plus tard et un nouvel album en poche « Yellow 6/17 », la jeune artiste a su trouver son public et montrer que sa présence risquait de ne pas être éphémère.

« Run Away » le single qui ouvre ce nouvel opus, fait la place belle à un funk moderne dynamique très cuivré, pas loin de l’acid jazz des Brand New Heavies, où Nina nous montre d’entrée son talent de guitariste soliste. Philippe Devin, qui est le co-auteur de tous les titres (21 ans lui aussi !), assure d’ailleurs aussi une grande part du travail (composition, arrangements, chœurs, guitare rythmique, art-direction) et son jeu rythmique donne toute l’essence funky au disque. Il sera omni présent sur la suite.
« Stand Up » au groove plus lent sur le départ décolle grâce aux nappes d’orgue Hammond et au solo qui assoie tout le monde sur le final du titre. « Do it right Now » titre le plus funky, basse batterie riffs, cuivres pêchus et en plus mis en relief par une présence vocale puissante. Ce titre dansant nous embarque ! « Childhood » est un blues soul émouvant, où la voix de Nina exprime bien la déprime, mais avec une tonalité encore un peu jeune. On préférera son solo bluesy sur la fin (c’est là qu’elle excelle). « Over the Mountains » reprend la soul des années 70, avec une tonalité de voix à la Beverley Knight parfois. Même tonalité de voix que l’on retrouvera sur le titre « What a dirty night ». « Blackstar » pulsé par le Rhodes et des cuivres placés en beat ternaire légèrement décalés, donne un groove unique à ce titre. « P » vrai hommage au P-funk avec voix voïcodée en jingle d’intro, riffs funky speedés en dit long sur ses références musicales ! Enfin la ballade folk-soul « The wind », seule à la voix-guitare, conclu un album prometteur pour une jeune artiste qui débute sur la scène nationale élargie !

Au final voilà une bonne surprise arrivée presque de nulle part, mais qui malgré son jeune âge semble déjà avoir la maturité nécessaire pour mener sa carrière comme elle l’entend, sans se soucier des étiquettes et en faisant ce qu’elle aime. En prenant le parti intelligent de chanter dans la langue de Shakespeare, elle s’ouvre dans le même temps, une possibilité de faire une carrière internationale, sans tomber dans la facilité de la langue française qui peut parfois avouons le, rapidement virer à la variété insipide. Comme souvent pour les artistes de talent, il faut dépasser l’écoute de l’album pour aller la découvrir en concert. Ca tombe bien cette stakhanoviste de la scène enchaîne les dates et sera présente dans l’hexagone au moins jusqu’à cet été avec son groupe composé de jeunes musiciens là encore ! Mais comme le disait Corneille « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années » !

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Mpls
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