Review

Label : Nueva Onda Records (2014)

La jeune Nina Attal revient avec un deuxième opus. Elle avait déjà bien marqué le monde du blues et funk français, avec son premier album « Yellow 6/17 » alors qu’elle était âgée de tout juste 20 ans. Prodige de la guitare blues à 16 ans, alors qu’elle a fait ses gammes sur un piano, elle a su aussi développer une voix soul puissante, lors de ses nombreux concerts partout en Europe. On attendait donc son deuxième album avec impatience, et le résultat est encourageant, mais notre avis reste mitigé.

C’est lors d’un passage au festival de Sète, à l’été 2013, qu’elle va faire une rencontre décisive pour ce 2ème album : alors qu’elle joue en première partie de Nile Rodgers, elle tape dans l’œil de Jerry Barnes, bassiste de Chic et accompagnateur à tout faire de toute la scène black américaine (de Diana Ross à Stevie Wonder). Pas intimidée pour un sou, Nina lui file backstage les maquettes de son deuxième album. Elle n’en attendait rien, mais, bonne surprise, Jerry Barnes la rappelle quelques semaines plus tard… et l’invite à New York, avec son alter ego, co-compositeur et directeur artistique Philippe Devin, pour l’aider à écrire ! En sortiront deux morceaux survitaminés, « Ain’t gone » (le 1er single de l’album) et « Baby », qui convainquent Barnes de coproduire l’album entier en faisant appel à tous ses potes du milieu. Des noms qui claquent, comme le batteur d’Eric Clapton Steve Jordan, Bashiri Johnson (percus de MJ), et Jerry Barnes lui-même à la basse. Vous y ajoutez son équipe de scène actuelle, qui ne sont pas des manches (Cadoux, Dupont, Payen, Fétis, Faure, Luzignant …) et le tour est joué !

Ca c’est pour l’histoire théorique… Mais le niveau est-il au rendez-vous ? Musicalement oui, les titres sont agréables, bien léchés, avec des textes accrocheurs. Tout est chanté en anglais avec un accent plutôt bon, pas trop frenchy. La rythmique est en place, de belles nappes de Rhodes viennent agrémenter le tout. les cuivres donne la patate nécessaire. La voix ? Nous allons l’évoquer…

« Ain’t Gone« , le titre d’ouverture, propose un groove maitrisé, dans le style de son 1er album. Un bon titre pour la radio. « Stop the race » déroule des cuivres et une batterie impeccables … Nina pousse sa voix avec un léger effet de nez pincé, des aigus parfois un peu surjoués, ce qui finit à la longue par légèrement agacer. « Good Guy« , balade bluesy, fait retomber la pression, peut être l’un des plus beau titres du disque avec des solos de guitare inspirés.

« Put them in Hell » propose un groove assez classique, aux accents pop. « Back from the hole » est clairement soul-pop, une nouvelle fois l’orgue soutient le morceau… Mais au final la mélodie ne s’emballe pas vraiment. Ce sont deux titres exemplaires du ressenti mitigé dans l’équipe de Fonka, on aurai aimé une implication plus personnelle de l’artiste, de moins sentir le côté trop propre, trop lisse des zicos de studio surentrainés. C’est bon … mais çà manque un peu d’âme, de personnalisation. Comme un arrière goût de déjà vu.

« Bring me back that Love« , propose un funk un peu plus électro, avec une bonne pêche dans les arrangements des cuivres, mais une voix parfois encore un peu poussée ! Idem pour « Everything you say« , funk électro intéressant avec un refrain entêtant, qui finit tout de même par nous envoûter. « People » est un Blues Gospel, qui ravira les amateurs du genre, mais qui ennuiera les funkateers. Chose vite rattrapée par le « Know your name » très funky ! Parfait pour nous : des breaks, des effets de voix, des riffs funky, des claps, des cuivres claquants… Percutant et efficace. « Baby » titre légèrement disco-funk, et c’est réussi, car la belle Nina joue avec ses différentes octaves, et laisse le groove se poser naturellement, sans forcer.

« The Jam » est un interlude instrumental excellent, vitaminé, comme on aurait aimé en avoir plus sur le disque ! « Somebody to love » est la ballade piano voix qui finalise le projet, superbement interprétée, soulful … on a envie de dire Enfin ! La fin du disque a ma préférence.

Par conséquent, la note ne progresse que légèrement pour ce 2ème jet, en comparaison du 1er. Mais cela reste très encourageant, surtout lorsque l’on sait que certaines divas Soul elles-mêmes pouvaient irriter à leurs débuts, donc finalement tout reste permis pour l’avenir de Nina ! Plus de morceaux tranquilles entre les pistes à tempo élevé seraient peut-être les bienvenus, comme des instrumentaux où elle pourrait aussi faire valoir son jeu de guitare ou sa voix de velours … Effort à poursuivre, avec plus de création comme dans le 1er !

 

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Mpls
Administrateur et Co-créateur du site. Fan de funk et de toutes les musiques décrites ici ; mais surtout grand admirateur de Prince. N'hésitez pas à me conctater pour toutes infos ou échanges.