Review

Label : Timmion Records

En 2005, Nicole Willis & The Soul Investigators avaient signé un des albums soul les plus remarqués de la décennie précédente, plébiscité par le public et les critiques « Keep reaching up« . L’attente fut donc longue entre cet opus et le dernier en date, avec en plus un challenge à relever : faire aussi bien voire mieux ! Si on ne peut pas approprement parler de deuxième album (elle avait déjà sorti deux opus avant « Keep Reachin’ Up »), la nouvelle ligne directrice lancée avec The Soul Investigators et la médiatisation de l’époque pourrait presque faire penser le contraire.

Premier constat la nothern soul relativement présente sur le précédent album et les orchestrations chiadées laissent place à un son plus brut et direct. C’est Didier Selin, également percussionniste au sein du collectif qui s’est occupé de la production. Le son est étoffé par les arrangements de corde de Pekka Kuusisto et surout de cuivres de Jimi Tenor. (toujours présent auprès de sa belle !).

Dès le premier titre « Light Years Ahead » le changement est palpable ! C’est un peu l’ombre de Curtis Mayfield qui plane sur ce titre : même basse ronde et cuivres plaintifs ! L’album « Superfly » n’est pas loin ! La cadence s’accélère avec « Break Free (shake a tailfeather) » pour une soul garage vitaminée à mi chemin entre The Excitements et Ike & Tina Turner. Un esprit soul-rock psychédélique est également présent sur « Time to get business straight ». « Now I Can Fly » se la joue plus funky avec un refrain terriblement accrocheur et memorisable.

Mais un pan entier de « Tortured Soul » propose des titres plus sombres, plus introspectifs d’où le titre évident du disque. Le mélancolique « Best days of our lives » en est un bon exemple, tout comme « I’ll just sit and daydream » ou « It’s all because of you ». Le groupe se paye même le luxe d’un blues bien senti avec « On The East Side ».

Au final, Nicole Willis a su se renouveller, proposer un LP aux univers différents, mais d’une grande densité, qui prend de l’ampleur au fil des écoutes. Si on regrette de ne pas retrouver rééllement des tubes en puissance comme avaient pu l’être « If this ain’t love » ou « Feeling Free » sur la précédente production, on n’en garde pas moins l’impression d’un album qui devrait se bonifier avec les années, un signe évident d’une belle réussite artistique !

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).