Review

Label : Timmion Records

N

icole Willis a sorti son premier album « Soul Makeover » en 2000, suivi rapidement par son second opus « Be it ». Elle a également fait partie dans sa jeunesse des Brand New Heavies au début de leur création au milieu des 80’s, de The Repercussions de 1989 à 1995, du groupe Dee Lite et a collaboré avec Leftfield ; excusez du peu ! Elle fut enfin la collaboratrice des Soul Investigators, qui lui rendent bien l’appareil sur le troisième album de cette désormais finlandaise ! (elle est originaire des USA mais s’est expatriée en Finlande il y’a plusieurs années après un passage par l’Angleterre !). Enfin pour compléter ce CV déjà fort chargé, n’oublions pas que pour l’état civil, Nicole Willis est l’épouse de Jimi Tenor. Forcément ça aide ! D’ailleurs ce dernier sans être omniprésent, s’est quand même bien investi dans ce projet soit en tant que compositeur (sur le morceau « Invisible man » entre autre) ou alors en musicien en jouant avec autant d’aisance de l’orgue, du saxophone, de la flûte, ou en prêtant sa voix pour les chœurs !

Et alors cet album ? Ce qui fait sans aucun doute son originalité c’est cette capacité à puiser dans toute la force soul et funk de la fin des 60’s tout en proposant un album éclectique sans que les compositions se répètent. L’influence Motown est largement plébiscitée que ce soit sur des titres comme « If this ain’t love  (don’t know what is), « My four leaf clover » , « A perfect kind of love » ou « Invisible man » et automatiquement des noms nous viennent en tête : les Suprèmes, Gladys Knight & The Pips, Martha Reeves & The Vandellas …Mais il arrive parfois aussi que l’ombre d’un Norman Whitfield ne soit pas très loin !  (Écoutez la guitare et les cuivres  de « Feeling free »). Un esprit soul, très classe en somme ! Mais à côté des productions chiadées, le son sait aussi se faire plus brut et rugueux, à la limite des fois de la saturation sonore, c’est le cas de « Keep reaching up », un deep funk ou Nicole vocifère son refrain comme le cri d’un dernier souffle. « Holding up » semble presque être un morceau écrit pas les Doors, dans leur côté le plus groovy ! Quant à « No one’s gonna love you », c’est un blues aux accents soul inspiré et profond qui nous est proposé. L’album se termine avec l’excellent « Soul Investigators Theme », un morceau instrumental, qui met en avant tout le savoir faire du groupe.

 Vous l’aurez compris, cet album est essentiel, que vous soyez un fervent admirateur de la scène deep funk / soul actuelle ou un nostalgique du temps passé. De plus même la pochette de cet album rappelle l’époque glorieuse de la soul Outre-Atlantique ! On comprend alors mieux le plébiscite que lui ont réservé des gens comme Gilles Peterson ou Mr Scruff. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !

>> Sa discographie en solo
>> Sa discographie avec The Soul Investigators



About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).