Review

Label : JTI Records

S

orti fin 2001, le troisième (et ultime) album des New Jersey Kings nous aura au moins permis de résoudre une énigme. Qui est ce mystérieux groupe dont on ignore absolument tout mais dont la musique fait la joie des amateurs de deep-funk groovy et organique au même titre que Johnny Hammond Smith, James Taylor Quartet ou Corduroy ? En effet après deux albums énigmatiques intitulés « Party to the Bus Stop » (1992) et « Stratosphere Breakdown» (1995), les rois du New Jersey ont disparu de la circulation sans laisser d’adresse, de nom, ni même de photos les identifiant… jusqu’en 2001 ! Là, la nouvelle cuvée des NJK nous apporte enfin une réponse à ces questions quand on découvre dans la laconique jaquette du cd la constitution du band : John Willmott (sax et flûte), Neil Robinson (batterie), Gary Crockett (basse), David Taylor (guitare) et… James Taylor (hammond). Mais c’est bien sûr !!! Les NJK ne sont en fait que l’appellation freelance de James Taylor Quartet, une sorte de laboratoire avancé, en quelque sorte.

 Le nouveau millésime débute donc avec une reprise du standard soul, « Heard it through the grapevine » immortalisé par Marvin Gaye. Derrière, les titres « Uzi Lover » et « Knuckle down » plantent tranquillement le décor. Ici tout est instrumental et enregistré dans les conditions du live, c’est brut et non bidouillé. C’est clair, ceux qui aiment les disques surproduits peuvent passer leur chemin ! Les préliminaires terminés, on arrive enfin aux choses sérieuses avec « Tuck it in » où James Taylor au clavier fait monter la pression, son brother David à la guitare n’étant jamais très loin. Mais le grand pied débute avec « Give me wood », un morceau où Willmott passe de la flûte au sax pour tracter les NJK dans un groove infernal à écouter en boucle. « Lost on the Bowery » est de la même veine, l’orgue Hammond y est lourd et répétitif, le sax volontaire, la basse discrète ne se laisse jamais distancer, c’est du tout bon !!! Des fois que le message ne soit pas passé, « The money shot » vient enfoncer le clou, Taylor nous donne une démonstration que tout n’a pas été fait derrière un orgue Hammond, tout bonnement splendide ! Un vrai morceau de bravoure ! Après ce feu d’artifices la fin de l’album semble nécessairement un peu plus calme et classique. Bref, au vu des trois pépites qu’il contient, « Uzi Lover » est un album qui mérite qu’on s’y intéresse de près. A bon entendeur…

>> La discographie de New Jersey Kings



About the Author

Nicolas K