Review

Labels : Rhino – Wea – Warner Bros

Né en 47 dans la capitale (Prague) de ce qui s’appelait encore jadis la Tchécoslovaquie, le jeune slave  Miroslav Ladislav Vitous, s’initie dès l’âge de 6 ans à divers instruments, avant de faire définitivement main basse sur la contre-basse à 14 ans, en prenant ses classes au prestigieux conservatoire de Prague. C’est après un concours musical remporté à Vienne qu’il pose ses malles au pays de l’oncle Sam en 1966, avec dans la poche une bourse pour l’académie de Berklee (Boston). Afin d’étancher sa soif du métier, il va vite faire de se lancer à l’assaut de la scène New-Yorkaise où il va effectuer de prestigieuses rencontres. C’est la valse des pointures tout autour du jeune étranger Miroslav : Miles Davis, Chick Corea, Stan Getz, Herbie Mann pour ne citer qu’eux ….il faut croire que le métier a dû vite rentrer !

Après un 1er effort paru en 69 « infinite search » (fortement épaulé par des références), c’est avec 2 ex connexions de Miles Davis qu’il fonde en 1970 le groupe qui deviendra la référence absolue en matière de Jazz-fusion : Weather report. Mais après 4 ans de bons et loyaux services et d’autant d’albums, il est écarté du groupe par son collègue Joe Zawinul (cofondateur du groupe), lequel lui reproche quelques faiblesses « groovesques », en ces temps où le groove prime davantage dans le paysage mondial du Jazz.

C’est alors qu’en 1976, il publie son deuxième solo « Magical shepherd » en plein pic de la vague Jazz-fusion. Pour ce faire, il refait appel à quelques baroudeurs déjà invités sur son 1er album, puis à quelques baroudeurs tout court : Herbie Hancock est quasi omniprésent aux claviers, la batterie est partagée entre deux des meilleurs sidemen du circuit : Jack De Johnette (John Coltrane, Miles Davis) James Gadson (Bill withers, Marvin Gaye) Miroslav quant à lui s’adjuge des basses, des guitares et du synthétiseur du moment : le « minimoog ». Côté vocaux, 2 choristes s’en chargent avec une dramatique immédiatement dissipée sur l’intro de l’hypnotique « Basic laws » :

Vocalises mi-angéliques mi démoniaques en sont le ton dominant, et le seront d’ailleurs tout au long de l’album. Le tableau ombre/lumière, clarté/noirceur, terrestre/céleste, imprimé sur la jaquette n’avait donc rien d’anodin ! A l’oreille on semble être témoin d’une véritable bataille livrée entre instrumentistes. Au milieu de ce champs de bataille sonore, on peut clairement percevoir à rallonge une phrase « music in the rythm of the universe » message reçu !

« New York City » prend le relais. Miroslav Vitous a visiblement voulu « matérialiser » ses fortes pensées pour cette métropole polycentrique où il y a côtoyé des grands noms de la musique. La patte Hancockienne nous assaille de plein fouet d’entrée de jeu. Et le reste du groupe n’est pas en reste ; le résultat est un cocktail musical assez hybride, »discoïde » mais funky à souhait, et même aux limites de l’afrobeat, pour cette touche on peut dire merci aux choristes ! Dans tous les cas, « New york city » c’est du pain béni pour les sampleurs, on comprend pourquoi Bob Sinclar aura carrément joué les plagieurs dans la forme comme dans le fond sur son « New york city music » plus de 20 ans plus tard. Place au bien nommé « Synthetizers Dance », ouvrez grand les oreilles, fermez les yeux et accrochez-vous ! et vous voilà téléportés dans une galaxie très lointaine où Spok vous accueillera volontiers sans la moindre hostilité, salut vulcain à l’appui en guise de reconnaissance (ehh oui on sait un peu groover chez les terriens aussi!) « Magical Shepherd »  titre éponyme, et objet de notre visite (n’oubliez pas de préciser !) 1976, à cette époque envahissante du hard-rock, ici ça fait dans le Hard-Jazz-rock. A vous de confirmer ou infirmer ! Redescente plus cool sur le très court « From far away » ehh oui chers terriens, on vient de loin ! Et notre périple s’achèvera ici bas avec « Aim your Eye ».  Les chef de l’équipage Miroslav vitous, Herbie Hancock et James Gadson vous le raconteront en « sons » certainement mieux que votre humble serviteur .

On ose penser qu’avec « Magical Shepherd », Miroslav vitous avec l’aide de quelques hommes de main de sa stature, aura prouvé à quiconque que question groove il avait du savoir faire dans sa poudrière. Que 6 titres,mais presque toutes des « bombes », et on s’en contentera encore pour longtemps. Cet album s’est malheureusement un peu noyé dans le conscient collectif. On ose espérer que ces quelques lignes contribueront à le réhabiliter un minimum.

S’il faut le préciser, Il s’agit d’un album réalisé par quelques noms des plus importants du Jazz-fusion, Miroslav quant à lui reste (selon ses propos) probablement le bassiste à avoir joué avec les plus grands noms du jazz moderne depuis les années 60. Ce qui n’est pas rien ! (rappelons-le)



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Billy Jack
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