Review

Label : DeLuxe / Réédition : Vampisoul

M

arie « Queenie » Lyons fait partie de ces artistes sur lesquels on ne connait pas grand chose mais qui avec le temps et un seul album a marqué l’esprit de la rare soul. Originaire de Louisiane, elle sort cet album en 1970 puis disparaitra ensuite de la circulation ! Pourtant sa carrière avait plutôt bien commencée. Dès 1963 elle est choriste professionnelle. Elle intègre rapidement l’orchestre de King Curtis. Puis dans la deuxième moitié des années 60, elle continue son ascension en étant la collaboratrice de noms prestigieux de la soul, du rythm’n blues et du rock’n roll : Jackie Wilson, Fats Domino, The Coasters, Jerry Lee Lewis…Mais sa plus grande inspiration sera celle du Godfather Of Soul : James Brown ! D’après la légende c’est ce dernier qui aurait été à la base de la signature de Marie sur le label Deluxe, une sous-division de Kings Records, la maison de disque à l’époque de JB. Toujours d’après la légende, il se pourrait que le Mr Dynamite, ait participé à l’élaboration de son unique LP, mais sans certitude aucune ceci dit.

A l’écoute du disque cependant, par son intonation de voix entre autre, on pense en effet aux funky divas que sont Marva Whitney, Martha High ou Lyn Collins. Mais aussi à des artistes plus typées comme Erma Franklin, Barbara Acklin ou Candi Staton. Les références sont bel et bien là ! L’esprit sudiste également d’ailleurs, dans les thèmes entre autre que ce soit dans les relations hommes-femmes douloureuses ou encore l’émancipation. Mais cet esprit du sud est également présent musicalement que ce soit dans les ballades, complaintes souvent proches du blues (« You used me », we’ll cry together, « try me »…) ou dans les morceaux plus mid tempo avec des breakbeats de batterie efficaces comme sur « See and don’t see » ou « You’re thing ain’t no good without my thing ». On retrouve également le titre « Your key don’t fit it no more » qui était présent sur la compilation Vampisoul sortie il y’a quelques mois : « Crash of thunder ». C’est le cas également de « Fever » me classique écrit par Eddie Cooley et John Davenport dont la version la plus célèbre est celle de Peggy Lee. Bien que ce morceau ait été repris des centaines de fois par des artistes prestigieux, c’est une des meilleures versions qu’il m’ait été possible d’entendre.

Après l’enregistrement de ce premier opus, la soul diva a disparu dans la nature sans laisser la moindre trace. Reste ce témoignage, jamais réédité jusqu’à ce que Vampisoul s’en occupe et qui trouvera une place de choix dans votre collection. Soul Power !

>> Sa discographie



About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).