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Label : Dreyfus Jazz

Né à Brooklyn en 1959, c’est en Jamaïque, Queens, où sa famille s’est établie quand il avait 10 ans, qu’il passera le plus clair de sa jeunesse.
Son père, enseignant est organiste à l’église et joue également du piano jazz à ses heures perdues. Son cousin, Wynton Kelly, était un brillant pianiste qui accompagna Miles Davis dans les années 50. À 13 ans, il s’essaye à l’orgue et au saxophone, avant d’opter pour la guitare basse. Il apprend en suivant les riffs de basse sur les chansons de Kool and the Gang, Isaac Hayes… À 14 ans, parfait autodidacte, Miller joue aussi bien du piano, de la clarinette, que de la guitare basse. À 15 ans, il décroche son premier engagement professionnel comme bassiste et choriste dans l’orchestre du New York City Club, Le Harlem River Drive. Une audition lui vaut d’être engagé comme bassiste et chanteur par la fameuse flûtiste de jazz, Bobbi Humphreys.

En 1977 Miller se découvre d’autres talents : il propose au grand jazzman Lonnie Liston Smith quelques compositions originales. Avec Marcus, compositeur, on retrouve cet instinct infaillible qu’il déploie lorsqu’il chante ou joue. Outre des enregistrements avec Miles Davis, Aretha Franklin, Roberta Flack et Elton John, ses talents – de bassiste essentiellement – vont alors enrichir la musique de Luther Vandross, Grover Washington Jr, Tom Browne, Dave Grusin, Bob James et bien d’autres. C’est sur scène, en 1979 que Marcus rencontre l’extraordinaire saxophoniste David Sanborn. En 1981, Miles Davis l’invite à rejoindre son nouveau groupe comme bassiste et l’histoire de Marcus continue. Plusieurs albums solo succéderont, nous vous les avons d’ailleurs souvent chroniqué.

La cuvée 2012 s’appelle donc « Renaissance ». Avait-il besoin de renaître ? Si doué et si adulé, il a déjà tout. Le premier morceau « Détroit » met en place son groove incomparable, où la basse chante, développe seule la mélodie sur une rythmique puissante. La rythmique, élément important pour Marcus, puisqu’il nous dit dans le booklet que « c’est le rythme, la musique rythmée qui vous fait voir et sentir ce que les mots ne peuvent pas dire ». Les cuivres viennent donner le côté funky à l’affaire.
Son groupe composé de Frédérico Gonzales Peña (Fender Rhodes), Adam Rogers (Guitar), Alex Han (saxo), Louis Cato (drums) développe l’étendue de son talent sur des solos sur « Redemption ». « Febuary » est un morceau calme, suivi de « Slippin’ Into Darkness » reprise incroyable de WAR (où il ajoute des brides de « Get Up Stand Up » de Bob marley). Il y a d’ailleurs d’autres reprises puisqu’il en fait cinq en tout. Une des plus remarquables aussi est l’étonnante version du titre pas façile de Janelle Monae « Tightrope » avec Dr John en invité. Une reprise de Michael Jackson « I’ll be there » intimiste et inspirée conclu aussi l’album.

Des sonorités bréziliennes sont posées sur « Setembro », avec Gretchen Parlato et Ruben Blades aux voix. Très beau titre planant et mystérieux. Nous on a adoré le titre funk de l’album bien sûr, avec « Mr Clean », ou la basse batterie dépose un beat impeccable, et où les cuivres se régalent comme sur un « Sir Duke » de Wonder ! Bref, c’est encore une belle réussite que cet album, surtout pour les passionnés de jazz-funk et de basse. Foncez dessus !

>> La discographie sous son nom

 



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Mpls
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