Review

Label Réédition : Robinsongs / Cherry Red Records (Label Original : Arista)

Hasard du calendrier, alors que le 07 janvier 2013, l’ainé de la fratrie Wilson, Lou (chanteur et trompettiste) nous quittait à l’âge de 71 ans, d’un arrêt cardiaque, le label Robinsongs avait programmé la réédition de l’album « We are one ».
Cette nouvelle réédition remasterisée de l’excellent groupe Mandrill sorti à l’origine en 1977 sur le label Arista Records, renaît donc avec deux bonus (les versions 7″ des deux tubes issus de cet album : « Can you get it »(Suzie Caesar) » et « Funky Monkey« ).

Groupe phare des années 70 crée en 1968, dont le noyau dur etait composé des frères Wilson (Lou, Ric, et Carlos à l’origine rejoint par Wilfredo peu de temps avant cet album) originaires du Panama, mais implantés rapidement à New-York , ce combo va rapidement marquer son empreinte par sa fusion des genres. En effet le collectif a su mélanger influences funk, sonorités latines, africaines, et rock psyché dans une mixture cohérente à la fois dansante et  festive tout en ayant un esprit engagé et spirituel : leur message est toujours positif, avec des slogans du type « Amour, Paix et Justice » qui reviennent souvent.

Cet album « We’re one » sorti en 1977, arrive dans un contexte particulier. Alors que le groupe a quitté New York pour s’installer sur la côté Ouest quelques mois auparavant, la rupture avec Polydor dans un premier temps, puis avec United Artists pour un court passage (deux albums !), amène le groupe à signer avec Arista dans l’espoir de retrouver le succès d’antan qui s’était un peu émoussé.

Le premier titre « Can you get it »(Suzie Caesar) », est un hymne funk, que dis-je un boogie terriblement efficace dans la lignée des groupes de l’époque tel que Brass Construction , BT Express ou Fatback Band : bonne basse, cuivres, synthés cosmiques, refrain entêtant … tout y est !  D’ailleurs si le groupe a su résister globalement résisté à la vague disco qui déferlait à l’époque, il n’en a pas moins intégrer les codes dancefloor de l’époque en proposant des titres plutôt funk qui gardaient encore leurs influences africaines et latines. « Funky monkey » en est d’ailleurs un bon exemple  avec un titre à mi-chemin entre funk efficace et afro-disco endiablé tout en gardant un côté rock avec la guitare de fin.

« Happy beat » avec sa rythmique entrainante, son banjo entêtant, ses violons planants et chœurs puissants gonflés à la testostérone, est également un des moments forts de cet opus. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le groupe de hip hop A State Of Mind s’en ait largement servi pour son hymne « Don’t look back » sorti en 2011 sur son album « Crown Yard ».  Et ces derniers ont récidivé avec leur morceau « Splice The Mainbrace » samplé sur  « Love one another » présent aussi sur « We’re one ». Ce morceau est un beau titre mélodieux, aux accents reggae très roots . »Gilly Hines » lui est un titre plus soul, plus lent, belle ballade parfois bluesy. « Holiday » est un morceau instrumental, aux sonorités des caraïbes, un hommage au soleil, aux vacances, des coulées de notes et de percussions, de piano et guitares qui se répondent dans des solos magiques.

Voici en tous cas un album qu’il faut posséder dans sa discothèque, qui tout en tranchant avec la première période de Mandrill, garde toute sa cohérence, grâce à la diversité de ses  influences, son sens mélodique imparable dans un esprit terriblement efficace pour les pistes de danse ! Longue vie à Mandrill !

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Mpls
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