Review

Label Original : Flying Dutchman / (Réédition 2013 : ACE Records – Remasterisation tirée des bandes de 1ère génération).

 Lonnie Liston Smith n’a pas cherché la musique, il n’a pas découvert la musique, il n’a pas eu de révélation étant jeune. Il est simplement né dans la musique. Sa famille, ses amis, toutes les personnes qu’il connait étaient musiciens ! Il a appris le piano, puis le tuba et la trompette dés son plus jeune âge. A son arrivé à NYC en 1963, il joue du Free Jazz avec différentes formations locales jusqu’en 1971, date à laquelle il découvre un instrument alors presque inconnu du grand public, le Fender Rhodes. Le mythique clavier crée en 1965 par Harold Rhodes, sera découvert par Lonnie presque par accident alors qu’il enregistre en studio. Très prolifique entre 1973 et 1985, il enregistre 14 albums dont « Expansions », l’un des plus complets selon moi, n’en déplaise à ses fans, accompagné de The Cosmic Echoes le groupe qu’il a créé avec son frère Donald Smith.

Imaginez une goutte d’eau en suspension dans l’air… trop légère pour tomber au sol mais trop lourde pour s’évaporer. Le premier track « Expansions » décrit parfaitement cet osmose éphémère où vous serez sans doute, en fermant simplement les yeux, transporté tout droit vers le paradis à bord d’un petit nuage confortable ! Il existe très peu de son capable de conjuguer aussi bien la musicalité de chaque instrument. Vous constaterez peut être que le début du morceau ressemble comme deux gouttes d’eau (je sais… c’est facile) à Mr Morse et son terrible titre « SOS ». C’est très semblable mais je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’il s’agisse d’un sample.

La suite donne une place importante à l’improvisation avec le titre « Desert nights « . Le Fender Rhodes de Lonnie est omniprésent et nous transporte vers  l’intemporalité et la légèreté.

Dans un registre moins singulier, le titre « Summer days » nous plonge dans un style jazz-funk plus en rapport avec l’époque. Des percussions et quelques cuivres en introduction, suivi de près par quelques notes de piano bien senti. On se laisse facilement envahir par le rythme lancinant de ce groove seventies.

Attention, sur la face B, çà commence très fort avec « Voodoo Woman », une belle ballade de plus de 4 minutes qui semble dirigé par la flûte de Cecile McBee et Donald Smith. Davis Hubbard au saxophone tenor nous gratifie d’un superbe solo en toute fin de piste. On aurait aimé que le morceau dure 3 minutes de plus tant le sax s’accorde parfaitement avec le beat.

Le titre suivant est une sympathique reprise d’Horace Silver, « Peace ». Je dois dire très franchement que l’original de 1959 est presque inégalable tant la qualité est exceptionnelle. Lonnie s’en sort malgré tout avec brio. Ce titre lui permet en tout cas de délivrer le message qu’il aime tant : « paix et tranquilité »

Le smooth Jazz est peut être né ici sur le titre « Shadows » ! Un mélange subtile d’ambiance cosmique dictée par les claviers et le break de batterie. Bien que personne ne soit plus surpris par les sonorités électroniques de nos jours, il est probable qu’en 1975, lors de la sortie de ce disque, ce côté électronique ait un peu révolutionné le monde de la musique.

Le dernier morceau, « My Love », plus traditionnelle, est imprégné par les claviers de Lonnie. Aucune fausse note au chant où l’on retrouve de nouveau le frère de Lonnie à l’œuvre.

« Expansions » est tout simplement un joyau dont le titre éponyme fut non seulement samplé de nombreuses  fois mais également utilisé pour des publicités ou des bandes son de jeux vidéos. C’est surement le signe le plus évident de ce que l’on appelle « un classique », qui traverse les époques et les générations. Incontournable !

 



About the Author

Lecolhector
Lecolhector est un amateur de groove en tout genre. Il est perpétuellement en quête de nouvelles galettes qu'il prend plaisir à écouter et à faire partager. La musique d'illustration et les bandes originales de film sont ses cibles favorites. Il fait également parti de l'équipe du "Pressage Original" sur radio RGB.