Review

Label : Truth & Soul

Après le succès et la critique quasi unanime de leur précédent opus « My World » sorti en 2008 chez Truth & Soul, il faut le dire Lee Fields & The Expressions étaient attendus au tournant. Etant désormais largement installé sur la scène soul contemporaine bien qu’ayant derrière lui quarante ans de carrière, Lee a su doucement mais sûrement en devenir un des acteurs incontournables grâce son talent, son opiniâtreté et sa voix en or. Cette dernière d’ailleurs a été utilisé à bon escient par The Soul Providers, The Sugarman 3, The Dap-Kings, Kraak & Smaak et surtout sur les nombreux hits du Dj français electro à la mode Martin Solveig.

« Faithful man » tout en gardant l’esprit du précédent LP (mêmes musiciens et mêmes producteurs, Jeff Dynamite et Leon Michels, oblige), Lee ralenti malgré tout le tempo. Si sur « My World » les mid-tempos étaient la règle, ici la ballade soulful est plutôt le dogme. On a un peu l’impression d’ailleurs, de revoir Sharon Jones & the Dap-Kings, sur l’album « I learned the hard way », ou là aussi le collectif avait largement mis la pédale douce en avant.. Si la soul c’est aussi ça, on regrette ceci dit que le talent de Mr Fields ne soit pas plus mis en avant dans des registres éclectiques qui auraient donné un peu plus de relief à cet opus.

Ceci dit son organe vocal bluesy et rocailleux fait des merveilles dans des registres nostalgiques, ou amour, tristesse, douleur et joie font bon ménage ! Le single « You’re the kind of girl » en est un bon exemple, tout comme « Faithfull man », « Still hanging on », ou “It’s all over (but the crying)”. Si parfois la machine semble s’accélérer comme sur “Who do you love” (premier simple issue de cet album) c’est pour mieux ralentir ensuite (« Moonlight Mile »).

Le rôle de The Expressions est ici incontournable dans la production et l’arrangement des titres, menés de main de maître par Leon Michels et Thomas Brenneck. Le groupe propose même un instrumental au milieu de l’album « Intermission » à la manière d’un interlude qui viendrait apaiser les complaintes soul de l’ami Fields.

Si ici le collectif ne réédite pas le coup de maître de « My World », l’ensemble reste plus qu’honnête avec toujours cette démarche artistique sincère et authentique, à mille lieues de la soul (soupe) de supermarché fortement médiatisée ces derniers mois. Et avec la reconnaissance qui lui est enfin due, nul doute, que cette galette trouvera toute sa place auprès des aficionados du genre.

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).