Review

Label : Warner Bros Records

« Enter the Dragon » est sorti en 1973, rappelez-vous ce film du maître es Kung Fu, j’ai nommé Bruce Lee, qui est aussi le dernier de sa carrière puisqu’il décédera (le 20 juillet 1973) six jours avant sa sortie officielle dans les salles ! Le sujet en deux mots : Han, le très cruel propriétaire d’une île impénétrable organise un combat d’arts martiaux où va s’affronter la crème des donneurs de coups de pied circulaires. Des champions affluent des quatre coins du monde et embarquent à bord d’un sampan, direction l’île et son tournoi. Ca y est, vous y êtes ? Ok, ce concept a fait des émules depuis, mais indépendamment des acrobaties et des combats chorégraphiés qui plaisent tant aux amateurs du genre, « Enter the Dragon » nous (re)plonge dans les seventies avec la présence de Bruce Lee bien sûr mais aussi celle de John Saxon, acteur que l’on reverra par la suite sur le petit écran dans diverses séries, et de Jim Kelly, ex-champion de karaté et archétype du noir américain « shaftien » de la blaxploitation : élevé par la rue, coiffure afro, pattes d’éléphant, col roulé moulant et blouson de cuir fripé. Au-delà de l’atmosphère générale du film, ce qui nous intéresse ici c’est la fabuleuse bande-son qui l’accompagne, signée Lalo Schifrin !

 Si un seul d’entre vous me répond qu’il ne connaît pas Lalo Schifrin, on le prive de funk jusqu’à la fin de l’année, ça lui apprendra ! Non, plus sérieusement, Schifrin est à Hollywood ce que Mozart était à la cour de Vienne (je sais ça n’est pas de moi mais de James Taylor, je crois !). A titre d’exemples Schifrin a écrit les thèmes de « Mission Imposible », « Bullit », « Dirty Harry » et « Mannix », rien que des références en matière de soundtracks !

L’album (il faut bien en parler un peu) démarre par le thème du film et en fixe tout de suite l’ambiance inquiétante, saupoudrée des cris stridents de Bruce Lee himself. « Sampans » et « The Monk » font grimper la pression pianissimo. « The gentle softness » est une ballade légère et agréable, légèreté de la flûte et discrétion de la trompette. The big battle nous ramène au sujet du film, c‘est un petit bijou où la section de cuivres monte furtivement à l’assaut de vos oreilles. « The human fly » reprend sur un rythme plus lent le thème principal de « Enter the Dragon ». « Bamboo bird cage » est à l’image de tout l’album, une alternance de rythmes endiablés et d’accalmies dont le but est d’entretenir un suspense permanent. L’album se termine par la reprise de son thème principal. On notera sur cette bande-son l’utilisation massive de guitares wah-wah, de cuivres et de percussions musclés ainsi que d’orgue hammond, en un mot tous les composants d’un bon gros groove bien funky. Néanmoins, je dirai qu’utilisation massive ne signifie pas utilisation grossière car ici tous les morceaux sont empreints de raffinement, et chaque instrument est utilisé à bon escient.

Mais vous l’aurez compris, la meilleure bande-son qui soit n’est rien sans les images qui l’accompagnent, alors louez la vidéo, faites-vous du pop-corn et dégustez le tout depuis votre canapé !

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Nicolas K