Review

Label : Melting Pot Music

Quand pour la première fois j’ai entendu le nom de Kutiman, je n’ai pu m’empêcher de penser au roi Fela. Je me suis dis qu’il fallait avoir un sacré culot pour avoir choisi un tel pseudonyme ! Mais après quelques recherches je me suis rendu compte qu’il n’en était rien et que « Kuti » était tout simplement le surnom naturel de tous les membres de sa famille, et que ce jeune Israélien de 25 ans du nom de Ophir Kutiel, n’avait entendu parlé du Maître de l’afro beat que cinq ans auparavant ! Il y’a tout de même des coïncidences bizarres parfois !

Avouons le, l’Israël n’est pas spontanément un pays auquel on pense, lorsqu’il s’agit de musique. Ophir pourtant bien qu’étant né dans la partie nord plutôt rurale de l’Israël va dès l’âge de 6 ans commencé à jouer du piano. Il complétera cette pratique quelques années plus tard par celle de la batterie et de la guitare. Mais c’est surtout son entrée à l’université de Tel Aviv, l’écoute des radios campus, et sa rencontre avec Ronen Sabbo (aka Dj Sabbo) qui vont être un véritable révélateur pour lui et l’emmener vers des contrées musicales jusque là inexplorées. Il va découvrir entre autre Fela mais aussi James Brown, deux influences essentielles pour lui; parmi tant d’autres ceci dit.

Car en effet loin d’avoir crée un album qui serait un ersatz de ses mentors, Kutiman s’est plutôt inspiré des différents courant musicaux qui créent son univers : funk & afro-beat donc mais aussi rock psychédélique, musiques électroniques…un melting pot musical qu’il sait mélanger avec brio ! Les sonorités funk sont souvent présentes donc sur son 1er opus comme sur l’instrumental d’introduction « Bongo fields », le très bon raw funk « Music is ruling my world » avec aux chants la fabuleuse Karolina (une voix hybride entre Alice Russel et Björk !) dans un refrain entêtant ou encore l’excellent « No groove where i come from ». Ce dernier à mi-chemin entre sonorités afro, esprit Jb’sien et final psychédélique à tomber par terre, premier single de l’artiste sorti en 2005, a été le détonateur de sa carrière en se faisant remarqué par Gilles Peterson, Diplo & Rosko (de Jazzanova) mais surtout le label qui allait le signer : Melting Pot Music. L’esprit afro-beat lui se retrouve beaucoup dans les rythmiques très saccadées avec parfois des effets de saturation comme sur « No reason for you », « Losing it » ou « Chaser ». Mais les ambiances savent se faire aussi plus feutrées et plus introspectives comme sur « Take a minute », « I just wanna make love to you » (qui me fait penser à du Cinématic Orchestra), ou « Once you’re near me ».

Album difficile à décrire par sa richesse et sa diversité, pas forcément facile d’accès au premier abord, il s’apprécie sur la longueur et un peu comme un bon vin tout en subtilité, saura se faire aimer des connaisseurs ! Pas très loin d’un touche à tout comme Jimi Ténor, Kutiman, nous laisse explorer son univers, avec sincérité et avec fraîcheur, sans se soucier des étiquettes. Pour un premier album en tous cas c’est une réussite et on peut déjà parier que sa carrière ne s’arrêtera pas là et prendra de l’ampleur, le temps de la maturité venue !

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).