Review

Label : Soundway

 Kiki Gyan, de son vrai nom Kofi Kwarko Gyan est née le 07 juin 1957, quelques mois avant l’indépendance du Ghana, son pays d’origine. Très jeune le jeune K.K (Kiki) Gyan montre des aptitudes et une passion certaine pour la musique en particulier en s’initiant au piano. Il montre rapidement un réel désintérêt pour l’école et part tenter sa chance alors dans la capitale Accra. Il va alors intégrer différentes formations parfois déjà bien installées comme The Avengers, The Boom Talents, Pagadeja ou encore les Blue Monks du célèbre Ebo Taylor. Mais c’est surtout sa rencontre en décembre 1972 avec le groupe d’afro-rock Osibisa qui va être une véritable révélation pour lui. Alors qu’il est âgé d’à peine 17 ans, il se fait remarquer par le combo et remplace au début de l’année 1973 le clavier Robert Bailey. Il parcourt alors le monde avec le collectif : USA, Australie, Europe…
Son charisme, son énergie et sa présence donnent un nouveau souffle à Osibisa. Il est d’ailleurs considéré comme une des meilleurs claviers au monde, comparé par certains médias à des pointures tel que Steve Winwood, Billy Preston ou Stevie Wonder !

Mais Kiki est rapidement frustré et déçu par cette vie de musicien qui n’est pas à la hauteur des ses ambitions. Au delà de l’argent qui ne tombait pas assez, il reprochait aux leaders du groupe de ne pas être reconnu dans son travail de composition (il n’apparaissait pas dans les crédits officiels dans les disques).
En juillet 1977, il quitte le groupe et prépare son premier album « Doing my thing » avec son manager de l’époque Stanley Kanhai. ( LP que l’on trouve également sous le nom de « Afro Reggae » avec une reprise de Billy Preston « That’s the way god planned it », remplacée par « Peace for Africa »‘ sur « Doing My Thing »).

Puis un deuxième disque voit le jour en 1978 « 24 Hours In A Disco », enregistré avec Kofi Ayivor (un de ses ex collègues d’Osibisa) sous le nom de Kofi & Kiki, qui reçoit un succès d’estime dans les hits clubs européens. Ce dernier décide de sortir un maxi au Nigeria (un marché très prolifique à l’époque!) sous son seul nom en cachette, avec les titres « 24 Hours In A Disco » et « Keep On Dancing » en face B. Les basses s’en donnent à coeur joie, les claviers et les guitares sont en harmonie avec les violons et les percussions qui transcendent le genre. C’est dansant et maitrisé avec entrain. Ces deux titres sont aussi le point de départ de cette compilation Soundway.

 En 1979, il sort le disque « Feeling so good » sur Boom Records, dans la lignée du précédent. Les titres « Disco Dancer » et « Sexy Dancer » sont issus de cet album, tout en gardant la même recette efficace.
En passant chez Decca Records en 1980, Kiki forme the KG Band avec son frère Koko « Jojo » Gyan en sortant l’ album. Le maxi « Disco Train » et sa face B « Loving You » issues de cette période évolue dans un univers très boogie. Le dancefloor n’est pas loin ! A noter d’ailleurs que ce maxi a été réédité par Hot Casa Records fin 2012. Le maxi original sorti chez Afrodisia se négocie autour de 600€ dans les milieux spécialisés !
Enfin on retrouve également sur cette compilation, un morceau estampillé The Twins très rare avec le titre « Pretty, pretty girls » dans la même lignée.

Si clairement cette compilation reflète les influences occidentales disco et boogie  de Kiki Gyan, c’est pour mieux en apercevoir l’urgence et la spontanéité africaine. C’est peut-être ce qui rend cet artiste si attachant. On peut regretter ceci dit que Soundway n’ait pas également proposé des titres de l’album sorti en 1983 « Feeli’n alright » lui aussi quasiment impossible à trouver aujourd’hui !
Les excès de cette folle période hédoniste faite de fêtes, de sexe, d’alcool et surtout de drogues, auront  raison de la santé du clavieriste ghanéen. De cures de désintoxication en rechute, il décédera  finalement le 06 juin 2004 à l’âge de 47 ans dans des conditions sordides.
Reste un testament musical, totalement ancré dans son époque, aujourd’hui disponible pour toutes les bourses. Let’s dance tonight !

 



About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).