Review

Label : Blue Note

José James, le crooner des temps modernes, le jazzman amoureux de hip-hop et de soul, le gentleman natif de Minneapolis nous livre en ce début d’année 2013 son quatrième album solo. Après un passage sur le label de Mr Gilles Peterson (Brownswood) dont il nous aura lâché deux très bon albums “The dreamer “ et “Blackmagic“ puis un troisième opus sur le label Impulse (Verve) en 2010 “ For all we know“ en compagnie de Jeff Neve pour un album de standards de jazz , il aborde ce “No beginnig no end“ avec un nouvel état d’esprit.

Il s’est entouré cette fois-ci de Pino Palladino, co-producteur de l’album mais également bassiste et compositeur de plusieurs morceaux, le même qui avait qui créé le son si chaleureux du » Voodoo » de D’Angelo. Si c’est un véritable travail de partenariat qui s’est effectué entre les deux hommes, Pino a ramené également dans son escarcelle des musiciens de prestige comme Robert Gasper au piano et Fender Rhodes. C’est d’ailleurs en écoutant l’album de ce dernier « Black Radio » sorti en 2012 que José a décidé de signer chez Blue Note, lui qui avait juré de ne plus sortir sa musique sur un label connoté jazz depuis sa mauvaise expérience chez Impulse !

La première partie de l’album privilégie les titres mid-tempo à l’influence néo-soul évidente.  On commence par “It’s all over“, arrivé à nos oreilles il y’a déjà quelques mois avec le E.P du même nom sorti au début de l’automne (avec des remixes de Dj Spinna ). C’est du miel pour les oreilles, où le jeu des claviers de Robert Glasper, répond avec sensualité aux chorus de cuivres de Corey King et Takuya Kuroda et à la voix tranquillement maitrisée de José James. L’esprit est identique sur le tubesque « Trouble » largement diffusé sur les ondes, et qui fait office d’hymne quasi immédiat au refrain terriblement accrocheur. Le contrepieds rythmique est pris sur « Vanguard » qui met en avant tout le talent du batteur  Chris “Daddy” Dave.  Et c’est avec un vent d’orientalisme que la soul de « Sword + Gun » nous permet de découvrir un duo crée avec la franco-marocaine Hindi Zahra plutôt envoutant.

La deuxième partie propose une soul plus tranquille, qui après avoir proposé un titre aux accents pop “Come To My Door“, enchaine un certain nombre de ballades mélodiques comme « Heaven on the ground » un duo avec la jeune artiste Emily King (qui à débuté sa carrière en 2004 avec son album “ East side story“), « Do You feel » , « Bird of Space » ou « No beginning, no end ». Des titres qui sauront s’apprécier largement à deux (ou plus !) sous la couette !

Au final les titres défilent en nous laissant un gout velouté jazzy/soul de grande classe, parfaitement maitrisé et créé à 100% sans machine  (à l’inverse de « Black Magic » par exemple) dans la volonté entre autre d’avoir un album destiné à être joué sur scène. Le disque est donc plus spontané et la plupart des morceaux d’ailleurs ont été enregistré en une prise.  On peut regretter peut-être un manque d’expérimentation et de prise de risque plus importants, mais malgré un classicisme relativement assumé, « No beginning, no end » reste un bon album, à déguster…du début à la fin !

 



About the Author

Maas
Pur produit de la culture urbaine parisienne mais désormais expatrié en Anjou, Maas, animateur du show radio Fonkadelica est également graffeur et fait partie à ce titre de la Zulu Nation branche Super Bad Chapter. Passionné autant par les musiques soul, funk, afro... que par le hip hop, il aime dénicher les oldies 70's et 80's comme les nouveautés plus contemporaines parfois méconnues ! Son seul défaut : il est fan du PSG ! ;-)