Review

Label : Cherry Red – Robinsongs

De belles rééditions remasterisées continuent de pleuvoir du côté de Cherry Red. Ils nous ressortent le catalogue du label DJM anglais, qui possède une bonne partie des meilleurs disques de Johnny Guitar Watson, et de ses acolytes, les Watsonian Institute (dont nous vous feront la chronique bientôt).

Johnny est né en 1935 aux USA au Texas, a grandit à Houston, puis à Los Angeles. Il appris la musique grâce à un père pianiste, et à son grand-père guitariste dans une église, qui lui donna l’ultime envie de faire ce métier. Capable de jouer du piano, de la basse, de la guitare, de l’orgue, des percussions … ce multi-instrumentaliste un peu en marge de la starification, aurai pu être aussi connu qu’un Prince ou Shuggie Otis. D’ailleurs il a brillé en son temps et ses chefs d’œuvre de funk et de soul des années 70 sont là pour nous le rappeler. Avant cela, dans les années 60, il excellait avec sa guitare plutôt bluesy, et s’était associé avec larry Williams pour créer son label de Soul-blues (VIP Productions) à Londres. Il joua alors avec les plus grands comme Santana, Franck Zappa, Little Richard, Sam Cooke etc. Dans le début des années 70’s, il signe chez Fantasy et s’oriente alors plus vers le R&B et le Funk.

Nous vous présentons ici deux LP en un, de cette époque fructueuse ! Son remasterisé et booklet complet.

le 1er album « Ain’t that a bitch » de 1976, est une tuerie funky dont plusieurs singles médaillés Or furent issus. Le plus connu est « Superman lover » pour un groove lancinant et funky à souhait à la mélodie entêtante (cf. extrait), ainsi que « Ain’t that a Bitch« , tuerie ambulante ! Ces mots (du titre) sont parait-il les derniers qu’il a prononcé sur scène au japon lors de sa mort en 1996. Pour toujours dans la légende, donc !

Le petit plus de son style, tient en une voix un peu nasillarde capable de différentes octaves, alliée à des cuivres incisifs et toujours précis. Ces cuivres nous impressionnerons tout au long de ces deux albums ainsi que sur les productions à venir dans le groupe Watson Institute. Il nous faut vous les nommer, car ces musiciens sont des monstres de feeling : Tommy roberston, Paul Dunmal et Peter Martin.

L’album a été écrit en grande partie seul, avec l’aide du batteur et ami Emry Thomas. Après 4 titres purement Funk, les trois derniers sont plus blues, et la guitare et l’orgue sont plus présents, pour des solos à tomber raide. Pour ce qui est du look, on a le droit à un junkie en costard blanc et chapeau blanc, entourée de filles ! cliché, mais terriblement Bad boy et funky. Ce look le suivra longtemps.

Le deuxième album de 1977, « A real mother for ya« , fait lui, la part belle aux synthés qui organisent la ligne de basse. La production ressemble à celle des Commodores. Les solos de guitare un peu space sont encore magiques. Le message est plus mielleux que l’album de 76, mais le groove ne cesse de nous transporter. Le vocodeur fait son apparition sur « Your love is my love« , et ce son si subtile aura sûrement influencé Cameo ou Roger Troutman plus tard dans les années 80. « The real deal » a des influences à la George Benson, où Johnny chante sur sa guitare suave. Puis, des bruits de jungle viennent nous faire entrer dans le trip de « Tarzan » morceau amusant, cuivré, et saccadé. La fin de cet album n’est pas gâchée,  il y a très peu de choses à jeter.  On a eu le plaisir d’avoir redécouvert tous ces morceaux qui sont sans aucun doute gravés à jamais dans l’histoire du funk.

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Mpls
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