Review

John Scofield fait partie de ces guitaristes au son très personnel et caractéristique (il joue d’ailleurs depuis des années sur le même instrument). Avec plus de 30 disques à son actif en tant que leader, il est une des figures majeures du jazz / jazz rock et a joué avec les plus grands (Chet Baker, George Duke, Miles Davis, Herbie Hancock, Mavis Staples, Pat Metheny, Brad Mehldau, etc..).

Cet album, petit frère et deuxième volet d’Überjam sorti il y a une dizaine d’années, est à l’image de l’artiste : un mélange d’influences qui nous fait voyager. Les morceaux, sorte de « jazzrockelectrofunk » instrumental durent en moyenne 6 minutes et évoluent énormément au fil de leur développement. L’utilisation de samples électroniques, comme sur le titre Camelus, décuple ces possibilités d’évolution.

Si on ne devait écouter qu’un titre pour avoir une idée fidèle et représentative de cet opus, ce serait Endless Summer. Une intro jungle / drum’n bass ; une guitare jazzy typiquement « Scofieldienne » qui apporte ensuite de la douceur à l’ensemble ; une basse et une guitare bossa nova sur les refrains ; le tout suivi de sonorités hip hop / électro, avant de finir sur de l’électro jazz.

On retrouve ce genre d’évolution sur Cracked Ice, morceau funky ponctué de passages discos et aériens. Ou encore sur Curtis Knew, morceau tout en apesanteur qui nous fait vivre une virée dans l’espace.

Notre péripétie se poursuit avec Dub Dub, reggae lent et jazzy (pour les connaisseurs, une batterie jouée en one drop ; et le skank typique, c’est-à-dire les 2ème et 4ème temps de la mesure, marqué par la guitare). Le titre Torero nous invite quant à lui à une escale du côté de l’électro – hispanisante, alors que Boogie Stupid et Just Dont’ Want To Be Lonely sonnent plus blues rock.

Pour conclure, je dirais que la force de cet opus joyeux est sa capacité à faire travailler notre imagination. C’est le cas sur mes deux coups de cœur du disque : Endless Summer et Curtis Knew.

Mais si c’est sa force, cela peut également être la faiblesse de cette musique. Snake Dance et Scotown m’ont par exemple moins plu, car malgré leur groove je n’ai pas été emballé. Si on ne parvient à s’abandonner pour se laisser complètement emporter au fil des pérégrinations musicales de Scofield et ses acolytes, l’écoute peut devenir monotone. Mais si on y arrive, en avant pour un très joli voyage plein de poésie !

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rythmkeeper
Le blues rock, le funk, la soul ou le jazz ! Batteur et musicien, la musique et les échanges qu’elle permet ont une place très importante dans ma vie.