Review

Label : MCA Records

A

rtiste née à Philadelphie associée au groupe The Roots et au collectif Okayplayer,  Jaguar Wright a collaboré avec les plus grands de Jay Z à Blackalicious en devenant une actrice incontournable de la scène soul contemporaine.  Sans être une énième Erykah Badu ou une autre Jill Scott,  les thèmes de ses chansons sont beaucoup plus classiques, beaucoup moins emprunt de spiritualité que ces consoeurs. Il n’empêche que Mlle Wright a une vraie personnalité et une vraie voix. ! Elle représente un peu le côté « street » de la nu-soul.

Douze morceaux hyper produits agrémentent donc cet opus. La voix de la belle est accrocheuse, battante. Produite par Richard Nichols et James Poyser, cette jeune panthère de nous surprend ! Elle a du coffre et propose de nous le faire savoir avec des chansons soul certes, mais tout de même assez rapides et rythmées. « Country song » et « Stay » sont là dès les premières notes pour nous le faire savoir. La batterie est assez saccadée, la rythmique de la basse lourde dans l’esprit de The Roots (bien sûr !). Mais ce qui est le plus frappant, dans la première écoute, ce sont les mélodies facilement mémorisables, grâce aux arrangements « funky » et nappes de synthé originales. Puis, après les trois premiers morceaux « rentre-dedans », la belle pose sa voix grave sur une ballade (« Love need and want U ») accompagnée par des choeurs féminins de toute beauté.

Une rythmique très forte nous réveille ensuite avec « Same shit different day Pt 1 », sur laquelle Jaguar prouve son affection pour la bande Okayplayer. D’ailleurs, çà ne s’arrête pas là, çà commence ! Avec le suivant « Ain’t nobody playin' » en duo avec Black Thought (de The Roots), où une nouvelle fois, la rythmique surprend, l’ensemble propose un morceau très original et dansant. On y entend d’ailleurs les premiers flows rap ! Puis dans la lancée, les featurings se montrent. Sur « I can’t wait », Bilal se pose avec une chanson pompée sur le style Minneapolis sound, grâce à l’utilisation de la drum machine Lynn que Prince utilise, mais reste un excellent morceau grâce à ses prouesses vocales. « 2 too many » continue le LP, avec une intro très Stevie Wonder. Sur « Self love « , Jaguar s’amuse à construire la base du rythme sur des effets de langues et de bruits de bouche. Quant à sa voix, elle se la joue crooner au féminin avec des effets de contretemps uniques (ce morceau est d’ailleurs vraiment impressionnant !).

Si Jaguar Wright, n’as pas l’aura des divas soul cités en début de chronique, il n’empêche qu’elle signe sur premier album de bonne facture qui l’aura fait rentrée dans le panthéon des artistes de la soul contemporaine qui comptent ! Et ça c’est déjà beaucoup !

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Mpls
Administrateur et Co-créateur du site. Fan de funk et de toutes les musiques décrites ici ; mais surtout grand admirateur de Prince. N'hésitez pas à me conctater pour toutes infos ou échanges.