Review

Label : Warner Bros

« Cleopatra Jones » est une femme superbe, elle incarne la classe, le glamour et est un exemple pour sa communauté. Derrière les apparences se cache pourtant une impitoyable tigresse qui s’avère être redoutable au combat rapproché. La belle est en réalité agent secret pour le gouvernement américain.
Elle a mauvaise réputation chez les mafieux qui voit en elle un obstacle au trafic de drogue dans le ghetto. La pègre locale s’attaque donc à Reuben, son petit ami, qui prend soin des toxicomanes de son quartier. Lorsqu’elle l’apprend, « Cléo » va faire le ménage arme au poing et ainsi mettre un terme à l’hégémonie mafieuse.

Ce film qui on le comprend aisement est un long métrage contre la drogue et ses ravages dans les quartiers noirs les plus pauvres des ghettos américains, a été réalisé par Jack Starrett qui avait déjà sorti quelque temps auparavant le film « Slaughter ».

Pour accompagner ce film blaxploitation, on fait appelle au célèbre tromboniste JJ Johnson. Ce dernier à un sacré bagage derrière lui, il a longtemps écumé les clubs de jazz au côté des plus grands : Count Basie, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Miles Davis ou encore Horace Silver pour lesquels il compose également.

En 1970, Quincy Jones lui demande de s’installer en Californie afin de composer pour le cinéma. Il accepte et écrit notamment « Across 110th street » et « Willie Dynamite », deux bandes originales de film que nous aurons peut être l’occasion de vous faire découvrir sur le site 🙂

En 1973 donc, il co-écrit la bande originale du film « Cleopatra Jones ». Sa contribution porte sur deux morceaux, « Go chase cleo », une rythmique rapide ponctuée d’un long break de guitare et de cuivres qui s’accordent parfaitement à l’ambiance du film et « Emdee », une ballade un peu nonchalante parée d’une belle mélodie de flûte et de piano. Les autres plages où il est crédité servent surtout à accompagner l’image.

Joe Simon compose pour sa part le thème du film, une belle ballade cuivrée accommodée de violon, de piano et de guitare wah wah. Sa voix suave et pleine d’émotion accompagne parfaitement la musique. Deux versions instrumentales très proches musicalement viennent enrichir l’album. Malgré ce thème magnifique empreint de sincérité, il s’agira de la première et dernière fois que  J. Simon s’aventure dans l’univers blaxploitation.  Le reste de sa discographie sera fortement influencé par le monde du gospel dont il est issue.

Carl Brandt fait également parti du casting. Il écrit trois bons morceaux dont le fabuleux « Airport Flight » qui est certainement le titre le plus blax du disque. Il s’agit d’un rythme très soutenu envahi de  percussions rapides. Les cuivres sont saisissants, tandis qu’à contrario, des violons et un saxophone viennent à tour de rôle apaiser le spectateur qui restera, à coup sûr, bouche bée à la première écoute. Les titres « The Wrecking Yard » et « Wrap up » suivent la même ligne de conduite. Cette incursion de Carl Brandt dans l’univers restreint de la blaxploitation reste exceptionnelle pour un musicien blanc qui fera l’essentiel de sa carrière dans l’orchestre déjanté de Spike Jones, célèbre satiriste américain.

A noter également la participation vocale de Millie Jackson sur les titres « Love doctor » et « It hurts so good ».

A l’exception de ces deux derniers morceaux, l’album est parfaitement cohérent et extrêmement bien fait. Un disque indispensable pour les amateurs du genre !

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About the Author

Lecolhector
Lecolhector est un amateur de groove en tout genre. Il est perpétuellement en quête de nouvelles galettes qu'il prend plaisir à écouter et à faire partager. La musique d'illustration et les bandes originales de film sont ses cibles favorites. Il fait également parti de l'équipe du "Pressage Original" sur radio RGB.