Review

Label : Uptone Records –  Musicast Distribution

Voici presque trois ans que les HornDogz préparent leur premier album, « #Wooof, your daily canine zine« , tel un aboiement d’amour du groove sur la scène française. Sorti sur le label Uptone Records, avec Adam Bastard aux manettes, les Horndogz avaient déjà fait parler d’eux début 2013 lors de la sortie de leur premier EP « Dogfood Vol. 1« .

Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, tout amateur de funk hexagonal réagira en apprenant que derrière ces masques canins se cachent Eric « Schizzadelic » Rohner, Gilles « C-Freak » Garin et Rico « Adiko » Kerridge, artisans et routards du funk depuis les 90’s. Après la Malka Family, puis les Gréements de Fortune (que vous pouver apprécier chaque semaine sur le plateau de « Salut les Terriens! »), le trio tente une aventure parallèle  audacieuse mêlant samples, instruments et invités.

Ces funkateers de la première heure ont en effet eu la bonne idée de s’inspirer du sampling si cher au hip-hop pour créer leur base rythmique. Tel l’arroseur arrosé, le hip-hop a samplé le funk, et c’est maintenant au tour du funk d’user des beats hip-hop pour métisser et épicer son groove !

Cerise sur le gâteau, ce pari osé mais réussi est servi avec une ribambelle d’invités prestigieux : Amp Fiddler, Fred Wesley, Blitz the Ambassador, Breis, Bibi Tanga, Greg Boyer, Jee Williams, Juan Rozoff, Lige Curry, Mary Griffin, Michael Clip Payne, Mike Larry & Jude Kidsudd, Peeda, Sadiq Bey and Ty ont contribué à l’album P-Funk/ hip-hop de l’année.

Pour ce premier opus, les Horndogz n’ont pas peur de nous dévoiler l’étendue de leur registre : 14 titres pour plus de 54 minutes s’écoulant presque trop vite (heureusement pour nos esgourdes, le 2e EP, « Dog food Vol. 2« , est déjà en préparation).

Le prologue de l’album donne le ton : P-Funk ! Ceux qui ont assuré les cuivres du Dr Funkenstein lors de la tournée des Parliament/Funkadelic annoncent fièrement leurs origines (c’est d’ailleurs le bassiste Lige Curry, qui a trouvé le nom du groupe, cf. notre interview en 2013).

« Movin’ On » avec son clin d’oeil à Curtis Mayfield, « Got to Blow » et « Paris » démontrent toute l’originalité de cet album : un savoureux mélange de hip-hop et de jazz-funk. Ni trop rétro ni trop urbain, « Woof » allie la modernité des beats urbains aux cuivres suaves du jazz, le tout sur contrepoint de guitare syncopée pour un dosage parfait.

« City of Love » et le « Rocksteady » d’Aretha Franklin, survitaminés par la voix de Mary Griffin, prennent des couleurs acid-jazz  ; tandis que « I Know » suprend de son groove musclé sur fond de guitare saturée.

Dès les premières notes du trombone de Fred Wesley, on sait que In My DNA va faire bouger dans les chaumières! L’esprit des JB’s incite au déhanchement, Juan Rozoff assurant parfaitement son rôle de maître de cérémonie sur cet excellent titre.

La ballade « Take my Heart » est une pause délicate et éthérée, l’élégance des cuivres offrant un parfait écrin aux harmonies de Jee Williams.

« P is The People » clôture l’album sur fond de scratchs et d’harmonica, gimmick reprenant l’intro de l’album : la boucle est ainsi bouclée !

Ce premier album est une excellente surprise 2014 : le trio qui a du chien a su surprendre en s’affranchissant des codes pouvant appauvrir la recette. Les Horndogz ont l’odorat aiguisé et l’ouïe fine, soufflant de la nouveauté sur le funk hexagonal…. Woof ! Voilà qui fait du bien.

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About the Author

Alex Kapel
Administrateur et rédacteur depuis 2011, je suis avant tout amateur de raw funk. Musicien et collectionneur de wah wah, il fallait bien un breton dans l'équipe de Fonka... Yec'hed mat!!