Review

Label : Warner Bros Records

Graham Central Station est fondé en 1973 par Larry Graham, (ancien bassiste de Sly & the Family Stone) des suites de divergences entre les deux hommes. Sly Stone au bout du rouleau exaspérait Larry depuis longtemps déjà. Malgré un sursaut cette même année avec l’excellent « Fresh », Sly n’est déjà plus que l’ombre de lui-même. Larry Graham lui est tout neuf et ambitieux. Il se ‘libère’ et recrute quelques ‘affamés’ et trouve un deal avec la Warner Bros. La flamme chancelante entretenue par Sly & the Family Stone (qui tente de poursuivre avec « High On You » en 1975) brille à nouveau quand GCS se met à tout dévaster  sur son passage ! Poussé par un élan d’énergie surpuissant, ce premier LP marque donc le déchaînement de Larry frustré par les frasques de Sly.

Introduction : “We’ve been waiting for so long” , “Waiting to play for you some of our songs” (…) GCS is the name of our group “We’re making this record especially for you” !
Inutile de traduire tout est clair et net ! « It ain’t no fun to me » débute férocement à la Sly !!! La rage au ventre, un funk rauque bourré d’énergie annonce la couleur. Tout y est ! Le groupe a attendu longtemps mais les voilà désormais libre et cela s’entend. Larry en lead vocal hurle et déchaîne sa basse. L’intro de « Hair » devenu un monument du funk (reprit par TM Stevens et Prince lui-même) vous rentre dans les tripes avec ce slap dantesque. Un nouveau funk master s’impose ! Un groove s’installe avec l’orgue omniprésent et ses solistes de cuivres qui se déchaînent …Le break est fabuleux et on reconnaît tout l’héritage de Sly digéré et magnifié.

Voici venue la Miss Patryce ‘Chocolate’ Banks au chant principal. Une mélodie fabuleuse soutenue par une basse aquatique mette parfaitement en avant la voix de cette diva méconnue du Funk (elle signera un LP en solo). Un autre grand moment se termine que « Tell me what it is » déboule avec ce riff sautillant ! Freddie Stone tient la guitare et accompagne la walking-bass de Larry ! C’est un festival vocal qui se met en place entre Larry, ‘Chocolate’ et Lenny Williams (le chanteur du gigantesque groupe de la baie de San Franciso, Tower Of Power). Un funk tourbillonnant nous entraîne très loin. Retour sur Terre « Can you handle it » débute avec une légèreté étonnante mais très vite la basse nous remet sur le chemin du funk. Les accélérations successives sont dévastatrices ! Le final monstrueux se termine avec un solo conjugué entre Larry et son guitariste le bien nommé David Dynamite !

Mais le GCS n’entends pas s’arrêter en si bon chemin. Si vous aviez un doute concernant le guitariste,  « People » vous rassurera. Magistral , un funk acide différent de celui des concurrents de Funkadelic-Parliament mais tout aussi édifiant.

Dire que ce disque est un monument du funk n’est pas exagéré. Les multiples influences sonores découlent évidement de l’héritage de Sly & the family Stone. Baigné dans la richesse culturelle de la baie de San Francisco, GCS signe là son premier enregistrement. Crucial, il sera suivit d’une ribambelle de petit frère jusqu’en 1979 (et « Star Walk »). Certes jamais la régularité atteinte sur ce premier disque ne sera retrouvée mais chacun de ces albums contient une bonne dose d’intérêt. GCS est ce que l’on appelle un standard du Funk 70’s !

>> La discographie de Graham Central Station
>> La discographie de Larry Graham en solo

 



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New Funk Mission aka David Quazar