Review

Label : Heavenly Sweetness (2014)

DopeGems brise les nuques…

Le titre du premier opus de DopeGems, n’a rien d’un effet marketing… Plutôt un présage quant aux mouvements de tête à venir à l’écoute de cet album, sorti le 28 mars (sur leur site ou en digital – 29 avril dans les bacs).

En 10 titres, ce quintet de l’Est de la France célèbre le jazz funk, période 70’s, en le réinterprétant au sein d’une formation guitare (Greg F.), basse (Emmanuel Harang), batterie (Slikk Tim), clavier (Giuliano Veludo) et vibraphone (Yragaël Unfer). Très frais, parfaitement maitrisé, tant par le choix des titres, sa réalisation que par son concept, NeckSnappin’ devrait rapidement faire figure de référence dans le genre.

La face A du LP s’ouvre sur « Condor Redux« , un énorme medley de la cultissime BO «Three days of the Condor» (Dave Grusin). Le ton de l’album est donné sur ce titre épique de neuf minutes en trois parties où s’entremêlent le theme principal, breakbeat et disco.

DopeGems accélère ensuite avec une version survitaminée du très funky  «Like a thief in the night» (Michael Longo), feu d’artifice jazz funk où guitar wahwah, claviers et vibraphone s’en donnent à coeur joie. Le quintet se détent un peu avec la reprise intsrumentale de «One night affair» des Stylistics. Enfin, «First come first served» de Ramon Morris, débute sur un beat qui aurait fait la joie des producteurs de rap des 90’s, avant que la guitar n’électrise le titre, s’approchant de sonorités jazz rock, pour conclure cette première face.

Le très smooth et aérien « Solstice » (Brian Bennet) se pose tranquillement en début de seconde, laissant place à «Journey To The Shore» de Minority Band ou jazz modal et disco se rendent la pareille. Le quintet s’empare ensuite du titre «footsteps in the dark» des Isley Brothers et clôt tranquillement le LP avec la balade Jazzy funky de Bennie Maupin, Quasar. Enfin, «I work the whole city» dernier titre de la BO de Taxi Driver de Bernard Herrmann et «It’s your love» de Roy Ayers viennent compléter le LP sur un 45 t en supplément dans la version vinyle.

«Si le disque sort en vinyle, il faut que ça sonne…donc il était hors de question de dépasser les 23min par face… d’où la solution d’un 45t pour les deux derniers titres», explique Slikk Tim, batteur et arrangeur de l’album, rencontré le jour de la sortie à Paris. Les amateurs de galette apprécieront la démarche, le pressage étant effectivement de très bonne facture. Pour les autres pas de panique, NeckSnappin’ est dispo en CD, MP3………et même en version K7 audio, «faite maison pour le délire…», précise Slikk Tim à qui il faudra personnellement s’adresser pour en profiter.

NeckSnappin’ ne propose pas de compositions originales de DopeGems. Rien d’étonnant, le concept assumé étant de faire (re)découvrir les perles groovy de la scène Jazz-Funk des années 70. « C’est un choix conscient de ne pas composer car le fait de jouer un repertoire très large nous force a trouver notre propre son, après c’est toujours amusant quand certain tourneurs parlent de « reprises » alors que souvent ils ne connaissent aucun des morceaux qu’on joue «  explique Slikk Tim.

C’est ce multi-instrumentiste de 25 ans (originaire de Nancy) et fondu de culture Jazz, Funk et Hip Hop, qui est à l’origine du projet né en 2011 (année des premières répétitions du quintet), finalement enregistré « en seulement trois jours avec des moyens réduits au cours de l’été 2012» relate-t-il.

A moins d’avoir un méchant torticoli, tout aficionado de jazz funk bien ciselé se doit d’écouter d’urgence ce premier album de DopeGems

DopeGems sera également en live à Rennes (en première partie d’Anthony Joseph) le 17 avril, le 8 juin à Strasbourg et le 25 juillet à Marseille.

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Rod Father
Découvrant Shaolin Soul fin des 90, je troque ma passion pour le rap pour celle de ses origines, devenant accro de musiques soul/funk....débute alors une quête pour le groove en galettes noires avec en ligne de mire le funk 70's pré disco, la Blaxploitation, le P funk, le jazz-funk, le boogie de 1980 à 1983... et tout ce qui est relatif aux samples utilisés dans le Rap. Je partage cette passion dans mon émission webradio (Free Your Mind sur Mixcloud) ou en collaborant avec l’équipe de Fonkadelica.