Review

Label : Record Kicks

Les australiens de Dojo Cuts nous avaient séduit à la sortie de leur premier album en 2009 : une instrumentation pêchue, funk au tempo rapide, un son impeccable et la voix de Roxie Ray, à la fois suave et puissante, avaient transformé impeccablement ce premier opus. Avec s’il vous plaît le soutient de Gabe Roth, le co-fondateur de Daptone!

« Take from me », sorti tout comme le premier sur le label Record Kicks, et dont la qualité des sorties n’est plus à prouver, réunit la même équipe : Sasha Imrish alias Roxie Ray assure toujours le chant, accompagnée de l’efficace formation basse/batterie/guitare/trompette et sax ténor.

Dès le titre d’introduction, les cuivres plantent une ambiance justement très daptonienne dans les harmonies, avant d’embrayer sur « I can give », premier titre mid-tempo où l’on sent Roxie Ray à l’aise : la voix est posée, n’en fait pas trop, créant un cocon soul et cosy.

Habitués aux frénésies funky du premier album, force est de constater que l’atmosphère générale de ce disque est plutôt soul que funk. Mais point de déception à l’horizon : basse ronde, cuivres gras, de bons gimmicks, l’alchimie prend toujours!

L’enregistrement et le mixage sont indéniablement soignés : enregistré sur magnéto à bandes au studio Linear à Sidney, même berceau que la dernière galette des Liberators, le savant usage des techniques modernes et « vintage » crée un son au grain réel et efficace. Eh oui, si on met le vintage à toutes les sauces aujourd’hui, il faut bien reconnaître que certains supports apportent une couleur indéniable, et aucun funkateer ne viendra ici bouder son plaisir. L’édition vinyl n’en aura que plus de sens à partir d’un master sur bandes…

Outre le mixage, la technique d’enregistrement est aussi plus élaborée que sur le premier album , où  seulement 3 micros avaient été utilisés : 2 sur la batterie, (1 AKG/grosse caisse, et 1 Rode à condensateur/orverhead),  1 SM54 sur la guitare et la basse prise directement en DI. Les cuivres avaient été enregistrés séparément sur un seul micro, idem pour la voix en overdub (toujours le Rode). Ici les possibilités du studio ont offert plus de champ, mais on retrouve bien le son originel du groupe.

Revenons aux titres et à l’atmosphère générale. La voix de Roxie Ray est au centre du mix : la construction des morceaux la met clairement en valeur, tout en laissant du champ aux instruments. Normal vous me direz, mais cette intention était moins nette sur le précédent, où le chant avait été ajouté parfois plus tardivement aux compositions instrumentales. Après plusieurs écoutes on découvrira avec plaisir certains phrasés passés inaperçus, des parties d’intruments non décelées,  emporté la 1e fois par la voix de la chanteuse.

Le groupe assure, les harmonies sont riches, et Roxy sait oublier les trop fréquents étalages de technique  (maladie fréquente en soul…) pour nuancer ses atmosphères. Un timbre original, oscillant entre des basses chaleureuses et des aigus percutants : la maîtrise est là!

 Sans être aussi résolument funky que le précédent, Dojo Cuts a réussi avec succès à franchir la barrière difficile du second album. Le chant est parfaitement intégré à un album dense instrumentalement, disposant d’une empreinte sonore originale et plaisante.

 

>> Ecouter l’album sur Bandcamp

 



About the Author

Alex Kapel
Administrateur et rédacteur depuis 2011, je suis avant tout amateur de raw funk. Musicien et collectionneur de wah wah, il fallait bien un breton dans l'équipe de Fonka... Yec'hed mat!!