Review

Label : Trad Vibe Records

Le retour du nantais Jérôme Moar dans les bacs est plutôt une bonne nouvelle en cette fin d’année 2013, d’autant plus qu’il signe surement là sa production personnelle la plus aboutie. L’homme n’est pas un nouveau venu ceci dit sur la scène soul, funk et groovy. En effet, si on regarde plus précisémment son CV, on retiendra les différents volumes des « Tribute to B-Boys », le fameux « Groovology » sorti en 2009 avec Dj Goodka, ou encore plus récemment « Ultimate Disco Breaks » enregistré avec Lordfunk. Mais on pourrait citer également ses collaborations avec Raashan Ahmad, ou encore Khondo.

Bref le monsieur n’est pas née de la dernière pluie et pourtant il signe avec ce sixième opus, sans aucun doute, son album le plus abouti, celui dont dont on pourrait extraire plusieurs titres pour en faire des singles potentiels.
La qualité de la production de celui-ci est dû également à la présence de l’australienne Sarsha Simone, qui n’est pas une inconnue dans nos colonnes, puisqu’on la connait également sous le nom de Roxie Ray et qu’elle a officié notamment avec les Dojo Cuts, The Underbelly, Lack Of Afro ou encore The Liberators.

Elle apporte à cet album une touche néo soul, (voire electro soul) à la fois subtile, et efficace. Si l’on pense à Jill Scott, dont le timbre de voix est parfois proche, le nom d’Erykah Badu, vient également en tête. Des titres comme « Stand Out Of The Way », « Gonna Do Me » ou encore « Not That Kind Of Love » en sont des exemples flagrants et accrochent tout de suite l’oreille de l’auditeur. « Until Sunrise », lui premier extrait de l’album évolue dans un univers plus electronique presque deep house. Mais c’est surement le titre « ABC » qui immédiatement apparait comme un classique, un tube en puissance si il avait droit à une rotation régulière sur les radios. En effet avec ses samples de « Knucklehead » et « Mister Magic » du célèbre saxophoniste Grover Washington Jr., le groove s’empare de vous comme une évidence. Si l’on rajoute à ça un refrain accrocheur et compréhensible par tous, vous aurez compris, que l’on tient là une petite pépite.

Les morceaux purement instrumentaux de Dj Moar, constituent également de belles réussites, en particulier « Papahihia », dont les onomatopés, font penser à certains morceaux mid tempos de Earth Wind & Fire, mais aussi le côté jazz-funk de  » A New Key » ou « Space Travel » ou le funk electronique de « Stereophonic » ou « Masquerade ».

Au final, l’ensemble constitue une belle réussite qui sera appréciée par les mélomanes dans sa version vinyle limitée à 300 exemplaires mais qui mérite une diffusion massive grâce à la qualité de ses productions.

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).