Review

Label : Pablo Records

En 1977, Pablo records est un jeune label fondé 4 ans plus tôt par Norman Granz qui était déjà à l’origine du célèbre label Verve dans les années 50. Granz, muni d’un épais carnet d’adresse, s’est vite entouré des plus grand noms du jazz. Ainsi, Ella Fitzgerald ou Duke Ellington acceptent de participer à l’aventure.

Impossible donc de se passer du grand trompettiste Dizzy Gillespie, qui était lui aussi considéré comme une légende du jazz au milieu des années 70. De même, impossible de ne pas faire appel au non moins célèbre Lalo Schifrin, qui totalise déjà à cette époque, plus de 60 bandes originales de film !

Ces deux là ne sont pas inconnus l’un pour l’autre. Ils s’étaient déjà croisés en 1956 dans un club de Jazz New Yorkais. C’est d’ailleurs Gillespie qui avait convaincu Schifrin, originaire de Buenos Aires en Argentine, de s’installer définitivement à NYC au début des années 60 !

Les deux acolytes se réassocient donc près de 20 ans après leur première rencontre pour signer l’album « Free Ride » dans les studios californien de Pablo records. Lalo Schifrin compose, arrange, produit et s’installe derrière les claviers. Dozzie Gillespie, sans surprise, souffle la trompette. D’autres artistes viennent compléter le lineup, notamment Ernie Watts (saxo) et Wilton Felder (basse). Le disque est résolument funk, même si les influences latines et jazz sont omniprésentes. Le titre « Free Ride » est décontracté. Dizzy s’en donne à coeur joie, et même si l’ensemble paraît parfaitement structuré, il n’en demeure pas moins une certaine liberté dans les solos de trompette et les fuzz de guitares. Les quelques riff de guitares de Wah Wha Watson, Lee Ritenour et Ray Parker Jr donnent d’ailleurs parfois l’impression d’écouter une BO de film Blaxploitation. Les titres « Fire Dance », « Ozone Madness » et « The last stroke of midnight » flirtent franchement avec le genre.

Le titre « Incantation » est, quant à lui, un véritable chef d’oeuvre  qui démontre une fois de plus le talent de Lalo Schifrin qui compose ici une splendide ballade de plus de 6 minutes. Les cuivres , la flûte (Jerome Richardson) et les percussions (Paulinho Da Costa) dégagent une énergie mystique qui rend ce morceau exceptionnel. Les titres « Unicorn » et « Wrong Number » feront également l’unanimité chez les amateurs de funk instrumental.

Vous l’aurez compris, « Free Ride » est ce que les collectionneurs appellent aujourd’hui un album complet, imprégné par la virtuosité et le génie de leurs créateurs, et à l’image de la pochette, fabuleusement optimiste  (photo de Norman Granz lui-même !).

 >> Le tracklisting complet et l’achat en vinyl



About the Author

Lecolhector
Lecolhector est un amateur de groove en tout genre. Il est perpétuellement en quête de nouvelles galettes qu'il prend plaisir à écouter et à faire partager. La musique d'illustration et les bandes originales de film sont ses cibles favorites. Il fait également parti de l'équipe du "Pressage Original" sur radio RGB.