Review

Label original : Chocolate City

A l’orée de l’ année 1978, Cameo n’a que deux albums à son actif, mais continue de se faire un nom aux côtés des sommités funk du moment, à l’image de Parliamet-Funkadelic, Earth wind & Fire, les Bar kays ou encore les Ohio Players. Le pedigree Cameo découle bien de la même lignée : une imposante formation de 13 membres (dont une section cuivres ) pouvant exceller dans le registre funk traditionnel savamment agrémenté de jazz ,r&b ou de rock , autant que dans des ballades soul et suaves de premières. Le maître à jouer du collectif étant son leader et producteur exécutif Larry Blackmon , un vrai miracle de talent qui fera de ce groupe, l’un des plus adulés de l’ère disco-funk au point de récolter les faveurs du géant Miles Davis !

En 1978, paraît donc Ugly Ego, nous sommes en plein pic de l’avènement disco,le monde entier veut se remuer au rythme de « La Fièvre du Samedi Soir », et même les funkateers les plus ardus aspirent davantage à un funk festif. Ils seront servi d’entrée de jeu sur cette galette avec « I’ll be with you » ou encore « Insane », deux véritables « pelleteuses » du dancefloor. Les cris enjoués du ténor Wayne Cooper qui parsèment ces morceaux ne sont pas sans rappeler ceux d’un certain Barry Gibb, lequel règne à l’époque en maître dans les charts, en compagnie de sa fratrie. Le titre éponyme « Ugly ego » démontre toute l’étendue du savoir faire cuivré de la C-Horn section , pendant que « Anything you wanna do » laisse place à un break d’anthologie, un cas d’école! Le funk rock corrosif d’ « I Want you » nous donne une idée de ce qu’aurait pu engendrer (dans nos rêves les plus fous) une collaboration P-Funk & Led Zeppelin ! “Can you imagine Doobie Brothers in your Funk ? » comme s’interrogeait à l’époque le Dr Funkenstein (alias George Clinton) pour lui répondre avec ce morceau en témoin : on parvient bien par contre à imaginer Jimmy Page !

Pour le versant soul , donc plus soft, c’est le comble sur cet album comme ce le sera peut être jamais plus : « Give love a chance » ,« Friend to me », « two of us» (qui devrait parler aux amateurs d’un certain Tupac Shakur) que de ballades exquises transcendées par le falsetto lunaire de Wayne Cooper, dernière recrue de la « soul army » (tel qu’ils se feront surnommer en 1982 ,le temps d’un morceau) qui s’était aussitôt imposée pour les vocaux principaux.

Ce disque confirme donc les débuts tonitruants de Cameo et atteste sa production prolifique (Troisième sortie sur 15 mois) . Après un récent remaniement d’effectif, l’équilibre semble trouvé au sein de ce groupe dont la maîtrise et la marge de progression s’annoncent indéniables. A suivre…

>> En 2015, Cherry Red a réédité cet album sur un seul CD avec « Secret Omen » en complément.



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Billy Jack
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