Review

Label : Daptone Records

Thomas Brenneck, musicien prolifique et protéiforme, propose le troisième volume de son projet qu’il affectionne peut-être le plus : The Budos Band. En effet celui qui est le fer de lance, ou un des éléments essentiels de groupe comme The Dap-Kings, Menahan Street Band, El Michels Affair, The Expressions, Bronx River Parkway) mais aussi le co-créateur du label Dunham Records (une division de Daptone qu’il dirige avec Homer Steinweiss), paraissait terriblement excité face à la sortie de cet album. Celui-ci prend d’ailleurs d’autant plus d’importance que Thomas a annoncé le départ de son groupe le plus médiatisé The Dap-Kings en tous cas pour les tournées, et que The Budos Band représente pour lui le noyau dur de tous ses projets annexes, celui qui réunit ses amis de toujours. Mais loin d’être l’affaire d’un seul, homme, ce combo de 10 musiciens le crie et haut fort, du saxophoniste Jared Tankel, au bassiste Dan Foder en passant par Thomas en personne, c’est avant tout une histoire amicale et familiale où les histoires d’egos personnels n’ont pas leur place. Et bien s’entendre est plus qu’une nécessite quand en deux ans on a réalisé plus de 250 concerts !

Et c’est cette entente qui fait toute la cohérence et l’unité de cet opus. Enregistré aux désormais fameux studios « House of Soul » avec la complicité de l’équipe de production TNT et de Gabe Roth aka Bosco Mann, « III » a été posé sur bandes analogiques en 48h chrono ! Et l’ensemble avouons le est plus que réussi. Fortement inspiré d’après les intéressés eux-mêmes par le jazz oriental des egyptiens du Cairo Jazz Band et par le métal psyché et dark des 70’s comme Black Sabbath ( ?), celui-ci est en fait un prolongement logique de « II », et partiellement du E.P sorti à l’été 2009 (bien que ce dernier regroupe des titres enregistré entre le premier et le deuxième album). Ce qu’ils nomment « afro-soul », une fusion instrumentale entre afro-beat et ethio-jazz, fonctionne là encore à merveille, avec toujours cette touche d’ambiances psychédéliques qui rend l’album entêtant et hypnotique. De « Rite of The Ancients » à « Reppirt Yad » on se laisse entraîner par l’univers du groupe sans résistance ! Les onze titres s’enchaînent sans un temps mort avec toujours ce souci d’efficacité dans la longueur des morceaux (une moyenne de 3 minutes 30), au risque parfois d’ailleurs d’en scalper certains (« The river serpentine » par exemple). Malgré tout si le groupe veut éviter la longueur parfois étouffante pour le non initié d’odyssées afro-beat comme Fela savait en faire, on a l’impression parfois d’avoir des versions « edit » de morceaux qui pourraient prendre leur envol finalement sur une durée plus longue. On se met du coup à rêver de versions « extended » !

Ce troisième essai est en tous cas largement réussi et étoffe la bonne réputation de ces musiciens qui n’est ceci dit déjà plus à faire. Daptone détient là une des valeurs sures de son catalogue ! Longue vie à la Dynastie du Budos !

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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).