Review

Label : Afrodisia / Réédition : Hot Casa Records

BLO est un des groupes les plus représentatifs de l’afro-funk. Il fut aussi l’un des plus influents du Nigeria pendant la décennie qui fut la sienne (1972 -1982). Avec six LP au compteur il a marqué de son empreinte cette période si prolifique, où les influences africaines, américaines et europénnes se mélangeaient avec une forte créativité.

« Step Three » (sorti à la base sur le label Afrodisia une subdivision de Decca) comme son nom l’indique le 3ème opus du groupe est sans aucun doute l’album de la transition à plus d’un titre. Tout d’abord parce que le line up original va changer. En effet si le guitariste Berkely « Ike » Jones (le « B » de BLO) et le batteur Laolu « Akins » Akintobi (le « L ») sont toujours de la partie,  le bassiste Mike « Gbenga » Odumosu (le « O ») lui quittera le combo pendant les sessions d’enregistrement pour rejoindre le renommé Osibisa. Il sera alors remplacé par Biddy « Oladele » Wright.
Ensuite on peut dire que le trio évolue musicalement. Si « Phase I » et « Phase II » étaient largement influencés par l’esprit rock et soul psychédélique du groupe, (l’influence de Ginger Baker, batteur de Cream et du groupe Salt avec qui ils ont joué reste importante), « Step Three » évolue largement dans un univers plus funky voire dansant. D’ailleurs le groupe va intégrer d’autres musiciens dans les sessions studios (même si cela avait déjà été expérimenté sur « Phase II »), pour donner de l’épaisseur à l’ensemble et proposer des orchestrations plus chiadées avec entre autre la présence du trompettiste Tunde Williams, musicien d’Africa 70 le groupe de Fela à l’époque.

Tout commence avec « Mind Walk » titre hautement funky ou l’orgue de Johny Wood (un autre musicien associé pour l’occasion), s’acoquine volontier avec la guitare de Berkely et la trompette de Tunde. Le refrain est scandé comme un leitmotiv court mais terriblement efficace ! Puis « Rhythm Of Love », suit dans un mid-tempo lui aussi particulièrement ravageur, où Berkely rentre dans un laïus proche du spoken word. Puis le ryhtme s’accélère de nouveau avec « Hypocrisy » et son chant haut perché, presque que complaintif, qui laisse ceci dit la part belle à la musique du collectif. « Gotta get me a better head » est très jazz-funk avec  avec la basse de Biddy Wright bien mise en avant. Puis le tonitruant « Hot Chase », porte bien son nom, une bande son idéale pour un road movie au coeur de Lagos. L’album se termine par « Don’t pull the form under me », où l’utilisation du moog, donne un effet syntétique aux arrangements particulièrement bien utilisé.
Notns enfin que si à la différence de Fela, le discours de Blo ne se veut pas forcément politique et contestataire, il est malgré tout révélateur, du Nigéria de l’époque.

La réédition 2012 de cet album est proposée par le label parisien Hot Casa Records, ( et leur deux protagonistes Julien Lebrun et Afrobrazilero) en CD et en Vinyl avec un son de haute qualité, des informations concernant l’histoire du groupe ainsi qu’une interview de Laolu Akins. Très difficile à trouver dans sa version originale, on ne peut qu’apprécier le travail de ces deux passionnés, qui permet à tout à chacun d’accéder facilement à ce genre de pépite venu du continent africain.  

>> L’interview de BLO sur le blog de Hot Casa Records



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Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).