Review

Label : WEA

Banda Black Rio est sans aucun doute le groupe le plus emblématique de la scène samba-funk brésilienne.
Formé en 1976, à l’initiative du saxophoniste Oberdan Magalhaes, il est née à la fois de l’émergence du mouvement Black Rio, très inspiré de celui des « Civil Rights » aux USA, mais aussi du désir stratégique d’un label, WEA, de faire émerger un groupe qui deviendrait le fer de lance de ce mouvement.
Fort de son expérience au sein de groupes comme Impacto 8 ou Abolicao, Oberdan, va reunir une équipe de choc, au sens du groove largement ancré, tous issus des quartiers nord des favelas de Rio : Carlos Barroso aka Barrosinho à la trompette, Lucio José Da Silva au trombone, Luis Carlos Santos à la batterie et aux percussions, Jamil Joanes à la basse, Claudio Stevenson aux claviers et Cristovao Bastos aux claviers.
Autant inspiré par la soul de Stevie Wonder ou Coleman Hawkins que par les légendes de la samba comme Pixinguinha et Cartola le groupe va trouver son propre style en fusionnant l’ensemble.

En 1977 sort donc « Maria Fumaça », qui mélange en effet tradition brésilienne et influences afro-américaines. La virtuosité de ses musiciens et le côté instrumental de l’album en fait en réalité un véritable opus de jazz-funk, l’exotisme en plus ! Des titres comme « Maria Fumaça » ou « Mr Funky Samba » sont d’ailleurs depuis devenus des classiques largement diffusés dans le soirées spécialisées du genre. Mais l’ensemble de l’album vous entraine dans son univers communicatif où les titres courts et incisifs laissent pourtant s’exprimer le talent de chacun des musiciens ! Parmi les autres titres marquants citons « Na Baixa Do Sapateiro » (sorti à l’époque en 45t avec en face B « Mr Funky Samba« ), « Metalurgica » « Urubu Malandro » (qui fait très Headhunters) ou encore « Casa Forte« . Sans faire la déscription de chaque titre l’ensemble est tout cas d’une rare cohérence pour un premier opus et devient rapidement un classique du genre.

Pas étonnant d’ailleurs que le groupe devienne force d’inspiration pour de nombreux musiciens de leur pays mais également en dehors. L’aventure continuera d’ailleurs avec deux autres albums dans la foulée « Gaifieira Universal » en 1978 et « Saci Pererê » en 1980 avant qu’elle s’arrète brusquement en 1984 lors d’un accident de voiture mortel qui impliqua Oberdan Magalhes. Quinze plus tard son fils William reprendra le flambeau sous une nouvelle version et avec un nouveau groupe, qui prouve encore une fois que la bonne musique dépasse les frontières et les époques ! Obrigado Banda !

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About the Author

Boogie Bass
Co-créateur du webzine Fonkadelica, Boogie Bass est également responsable de l'emission de radio du même nom et dee jay à ses heures perdues (premières parties de Keziah Jones, Macéo Parker, Souljazz Orchestra, The Excitements, Amp Fiddler...).